Révision constitutionnelle : Un projet consensuel et rassembleur

Publié par Walid B. le 08-07-2014, 18h04 | 33

C’est dans le respect des lois de la République et des constantes de la nation qu’ont été menées les consultations autour du projet de révision de la Constitution, sous l’égide du directeur de cabinet à la présidence, Ahmed Ouyahia, qui a été chargé par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de mener cette opération.

Ces consultations ont pris fin hier après un marathon non stop de plus d’un mois, alors que la porte reste toujours ouverte à ceux qui ont décidé de boycotter cette opération. Il s’agit, en réalité, d’un processus irréversible qui doit aboutir à une révision consensuelle de la constitution et ce, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante.

Ces consultations élargies à tous les acteurs politiques et à de la société civile, traduisent, en fait, la volonté et la détermination du chef de l’Etat à faire associer à cette démarche toutes les composantes de la nation en vue de parvenir à un projet qui requiert l’adhésion la plus large possible.

Ceci d’autant que de nombreux  observateurs ont relevé le caractère «fructueux» de ces consultations politiques devant aboutir à un consensus sur la révision de la loi fondamentale du pays. Cela a fait dire au secrétaire général du RND, Abdelkader Bensalah, que «la politique de la chaise vide et la promotion de la voie du refus en adoptant la culture de la négation ne mène à rien», précisant que le «non» constitue aujourd’hui une culture consommée qui n’apporte rien de nouveau.

Le SG du RND considère que l’opposition sera «la grande perdante devant l’opinion nationale et devant l’histoire». Il a rappelé que le chef de l’Etat avait précisé dans sa mouture constitutionnelle qu’il comptait réhabiliter le rôle de l’opposition dans la prochaine constitution.

Parmi les propositions du RND, figurent notamment la consolidation des institutions constitutionnelles chargées de présenter des projets de réforme et la consécration des droits de l’homme, considérées comme la pierre angulaire de toute édification constitutionnelle.

De son côté, le FFS, en décidant de répondre favorablement à l’invitation d’Ouyahia, s’est déclarée «convaincue» de la possibilité de «reconstruire le consensus national en Algérie pour un changement pacifique du système».

Pour le parti, cette démarche «nécessite, à la fois un climat de confiance et une volonté politique de la part des acteurs politiques des différentes tendances, du pouvoir et de la société civile».

Ce consensus permettra, a-t-il expliqué, de «faire ensemble le bon diagnostic de la crise et de préconiser les mesures appropriées sur le plan constitutionnel, institutionnel, du développement économique et du progrès social».

Il avait expliqué que les raisons de cette participation visent, entre autres à «alerter le pouvoir sur le danger que court l'Algérie pour son unité, son intégrité territoriale, sa sécurité, ses ressources et l'avenir des futures générations si des changements urgents, impératifs et vitaux ne sont pas initiés dès à présent, avec une approche systématique et inclusive».

Par ailleurs, d’autres partis et personnalités reçus par Ouyahia ont suggéré la constitution d’un gouvernement issu de la majorité parlementaire ainsi que la séparation des pouvoirs, tout comme la préservation de l’indépendance et de l’identité nationale, ainsi que le renforcement des libertés individuelles et collectives.

Lors de sa dernière sortie médiatique, le ministre d'Etat, directeur de cabinet de la présidence de la république, Ahmed Ouyahia avait laissé entendre qu'un consensus autour de la révision de la constitution reste possible, tout en rappelant que l'objectif, à travers cette démarche, est de rassembler tous les Algériens.

L'opposition qui, pour la première fois, a été associée à ce processus, appelle à la consolidation de la démocratie, à la séparation des pouvoirs, au renforcement du rôle du parlement et à l'indépendance de la justice.

Bref, des objectifs que le président de la République lui-même s'est engagé à réaliser. En outre, Ouyahia a souligné que l'Algérie dispose aujourd’hui d’institutions démocratiques et de ce fait, elle n’a pas besoin d’une période de transition, comme le veulent certains partis de l’opposition.

L'option d'une période de transition brandie par ceux ayant préféré boycotter les consultations est l'une des « plus dangereuses formes d'opposition à l'appel de la Présidence de la république pour un dialogue sur la révision constitutionnelle, avait-il averti.