L'introduction de l'Histoire antique dans les programmes scolaires "est nécessaire pour former un individu fier de l'Histoire riche et millénaire de son pays", a souligné, dimanche à Tizi-Ouzou, l'universitaire et enseignante en Histoire, Mezhora Salhi.
Intervenant lors d'une table ronde sur "la transmission de l'Histoire à la jeune génération" qui s'est tenue à la maison de la culture Mouloud Mammeri dans le cadre du Salon du livre d'Histoire pour la mémoire organisée par la direction locale de la Culture et des Arts, cette même intervenante a souligné que "les programmes scolaires doivent accorder plus d'importance à l'identité et à l'Histoire authentique de l'Algérie, écrite par des Algériens, afin de forger la personnalité des élèves", a-t-elle ajouté.
Cette maître-assistante, spécialiste en Histoire contemporaine, a observé que plutôt que de se référer à des personnalités historiques d'autres civilisations dans les différentes matières enseignées, Il serait intéressant de parler des hommes et des femmes qu'a enfantés cette terre, à l'instar des héros qui ont combattu les différents envahis seurs et des hommes de sciences et de lettres ayant contribué au développement de l'humanité, a-t-elle observé.
Dans le même sillage, l'archéologue Hamid Bilek, qui a pris part à cette table ronde, a insisté sur l'importance de se réapproprier l'Histoire en l'écrivant avec un regard algérien, soulignant que "les étrangers qui ont écrit notre Histoire, l'ont adaptée à leur besoin de fabriquer une conscience coloniale et justifier leur présence (coloniale) en Afrique".
Mettant en exergue le rôle que peut jouer l'archéologie qui "se pose comme révélateur scientifique de l'Histoire" dans cette démarche, il a souligné qu'il faut "réécrire", l'Histoire de ce pays.
Auteur d'une conte "Alsiyid Yennayer" sur les origines de la fête du nouvel an amazigh Yennayer, M. Bilek a estimé que, outre l'enseignement académique, d'autres disciplines peuvent permettre d'apprendre l'Histoire de manière plaisante à travers notamment le conte et le roman historique.
Les nouvelles technologies de la communication et de l'information ont aussi un rôle important à jouer dans ce cadre, a relevé de son côté, l'enseignant et formateur associatif, Boualem Hadjer.
Outre les écoles et universités, il faut aussi que cette transmission soit populaire, en exploitant les sciences numériques pour développer, par exemple, des app lications pour téléphone mobile, sur des événements historiques.
Il a cité à ce titre une application, qui notifie l'Histoire d'une région lorsqu'on la visite, et qui fonctionne via des bornes d'information installées dans les endroits ciblés.
"Des associations peuvent intervenir pour placer, avec la participation des universitaires et des académiciens, des bornes d'information et faire ainsi dans l'éducation populaire", a-t-il dit.