Cybersécurité : Nécessaire échange interafricain des informations pour éviter de tomber dans le terrorisme conventionnel (expert)

Publié par DK NEWS le 09-07-2021, 16h57 | 11

Les participants aux travaux du 12e atelier de la Ligue des Oulémas, prêcheurs et imams du Sahel (LOPIS) tenus les 5 et 6 juillet courant à Ouagadougou (Burkina Faso) ont mis en garde contre les activités des réseaux terroristes via internet, soulignant la nécessité d'un échange d'informations pour éviter de tomber dans le terrorisme conventionnel. 

Dans une déclaration à l'APS, le président de la LOPIS a souligné que la ligue s'employait à être présente dans les médias et sur les réseaux sociaux, estimant que ce domaine est "très important" pour contrer le discours extrémiste, à travers "une présence des Oulémas dans le monde virtuel". 
Le représentant du Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), Dahmani Amer considère que la lutte efficace contre le risque accru du terrorisme cybernétique et le discours extrémiste nécessite de "renforcer l'échange des informations et des expertises pour éviter de tomber dans le terrorisme conventionnel", précisant que le CAERT veille à assumer ce rôle en collabor ation avec les pays africains. 
En avril dernier, l'Union européenne (UE) a imposé des restrictions sur les plateformes électroniques, applicables en 2022, consistant à retirer les contenus terroristes du web et supprimer les photos, les vidéos et les messages à caractère terroriste dans un délai d'une heure. 
Le CAERT œuvre avec les pays membres de l'Union africaine (UA) à trouver des "textes clairs concernant la lutte contre le terrorisme cybernétique" et partant "renforcer la lutte contre le terrorisme cybernétique par des moyens juridiques et techniques", a précisé M. Dahmani. 
Cela exige, entre autres, la mise en place d'une stratégie nationale de lutte contre l'extrémisme dans l'espace cybernétique et la création de centres nationaux de cybersécurité, selon l'expert. 
Il propose, dans ce contexte, la création d'une unité de recherche dans l'espace cybernétique, la formation de magistrats et d'hommes de loi dans ce domaine, outre la création de structures pour la lutte contre le terrorisme électronique et les crimes électroniques. 
L'Algérie, à travers l'Armée nationale populaire (ANP), a adopté une stratégie générale de cyberdéfense, a fait savoir le directeur du centre de cyberdéfense et contrôle de la sécurité des systèmes, le lieutenant-colonel, Nabti Makram dans un entretien accordé à l a revue El Djeich dans son numéro de juin dernier. 
Cette stratégie a vu la contribution de tous les organismes spécialisés de l'ANP dont les services ont permis de développer et d'acquérir une expérience qui leur permet d'accomplir pleinement leurs missions, précise le responsable. Au regard des efforts accrus pour la numérisation des prestations des services de l'Etat, l'Algérie constitue désormais la cible de campagnes et d'attaques cybernétiques, a-t-il dit. Pour contrer ces attaques, l'Algérie a lancé en janvier 2020 la création d'un dispositif national de la sécurité des systèmes d'information qui constitue un outil d'Etat pour l'élaboration de la stratégie nationale et la coordination de sa mise en œuvre.