Plus de 33% des familles de réfugiés ont perdu un de leurs membres dans les violences en République centrafricaine (RCA), où environ 20.000 personnes vivent encore dans des conditions très précaires, s'est alarmée l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) dans un rapport publié mercredi.
En outre, 536.500 personnes sur les 4,5 millions de Centrafricains, auraient été déplacées par les violences, selon MSF qui évoque une situation humanitaire catastrophique dans le pays et dans les camps de réfugiés des pays frontaliers: Tchad (101.000 personnes), Cameroun (125.000 personnes), Congo et République démocratique du Congo (RDC).
Selon une enquête de mortalité réalisée par le centre de recherche épidémiologique de l'ONG auprès d'un échantillon de 3.449 familles centrafricaines (environ 25.000 personnes) réfugiées dans le camp de Sido, dans le sud du Tchad, 95,6% des 2.208 décès enregistrés dans ces familles sont dus à la violence et concernent en très grande majorité des hommes.
Le voyage a également été fatal pour de nombreux réfugiés: les convois officiels ont été victimes d'embuscades, et les réfugiés qui traversent aujourd'hui la frontière ont en général marché des semaines, voire des mois.
Pour les personnels de MSF présents au Tchad, les réfugiés sont "traumatisés, épuisés, dans des états nutritionnels inquiétants", alors qu'au Cameroun, près d'un enfant centrafricain sur deux souffrirait de malnutrition. Ainsi, l'ONG appelle à une prise en charge de ces réfugiés sur le long terme, car ils n'ont "pas l'intention de rentrer en Centrafrique, pour le moment".
Sur le territoire centrafricain, quelques enclaves protégées par les forces militaires internationales abritent encore environ 20.000 personnes dans des conditions de vie très précaires, à Bangui, Carnot, ou Berberati (ouest).