La directrice du FMI met en garde contre une inflation "obstinément basse" en Europe

Publié par Dknews le 19-07-2014, 15h34 | 31

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a averti vendredi que la croissance en Europe pourrait être "gravement" affectée si l'inflation y demeurait "obstinément basse", et que l'orientation actuelle des marchés était "peut-être trop positive".

"Une inflation obstinément basse peut gravement nuire à la croissance" et "alourdir le poids de la dette", a-t-elle déclaré dans un discours prononcé devant la Fondation Robert Schuman à Paris.

"La politique monétaire doit rester accommodante, pas de manière indéfinie, mais jusqu'à ce que la demande privée se soit complètement rétablie et que la BCE ait atteint son objectif de stabilité des prix", a-t-elle déclaré, dans une allusion à l'objectif d'un peu moins de 2% d'inflation de la BCE.

Mme. Lagarde a toutefois présenté comme "une bonne nouvelle" que "l'économie européenne soit en train de commencer à se remettre de la crise". "On le voit sur un certain nombre d'indicateurs. On le voit aussi à l'orientation très positive des marchés, peut-être trop positive par rapport aux fondamentaux", a-t-elle ajouté.

Dans un apparent appel du pied à l'Allemagne, elle a par ailleurs estimé que "les pays disposant de marges budgétaires suffisantes doivent pouvoir engager une politique d'investissements publics".

La directrice du FMI a jugé, par ailleurs, "tragique" le chômage très élevé des jeunes en Europe, avertissant que ce continent risquait, s'il sacrifie cette génération, de ne plus "tenir son rang dans l'économie mondiale". "Il nous paraît impératif de préserver et de développer une main d'oeuvre hautement qualifiée", a-t-elle déclaré.

"Aujourd'hui, quand on regarde les besoins en termes de compétence et d'emplois dans le monde, il y a une compétition féroce. Il n'y a pas forcément besoin d'aller dans le Nord Dakota, d'aller en Californie ou d'aller en Inde. Il y a aussi des besoins à satisfaire, des réserves de talent qu'il faut impérativement continuer à former", a-t-elle conseillé.

"De ce point de vue, le chômage des jeunes avec un taux moyen de 24% dans les pays de l'UE est tout simplement tragique. Un jeune chômeur, à l'aube de l'âge adulte qui ne trouve pas d'emploi, on le sait, toutes les études le montrent, perd graduellement ses compétences, perd confiance dans ses talents et dans ses capacités à apprendre de nouveaux talents et son employabilité future est mise en cause", a déploré Mme Lagarde.

"L'Europe dépend donc de cette génération pour tenir son rang dans l'économie mondiale, de plus en plus compétitive, pour prendre en charge les retraites des baby-boomers et puis pour assumer le poids de la dette", a averti la patronne du Fonds monétaire international.