Les transporteurs aériens pensent à revoir leurs mesures d'inspection des passagers en cas d'aggravation de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, a indiqué jeudi l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).
L'OACI et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont tenu une téléconférence d'urgence mardi après la décision de la compagnie aérienne panafricaine ASKY d'interrompre ses liaisons avec les capitales du Liberia et de la Sierra Leone, deux des pays touchés par l'épidémie, car l'un de ses passagers venait de succomber au virus au Nigeria. "A la lumière des événements récents, l'OMS, l'OACI et l'Association du transport aérien international (IATA) ont envisagé de réviser les dispositions relatives à l'inspection/filtrage des passagers", a indiqué l'OACI dans un communiqué.
"L'OMS examine encore ces mesures et compte également solliciter les contributions de l'Organisation mondiale du tourisme et du Conseil international d s aéroports (ACI)", a poursuivi l'organisation des Nations unies basée à Montréal. Malgré l'aggravation de l'épidémie, qui a touché plus de 1.300 personnes et fait 729 morts au 27 juillet selon l'OMS, "aucune restriction au transport ou au commerce en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone" n'a encore été décidée, a souligné l'OACI. L'épidémie actuelle de fièvre hémorragique frappe la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone, et a fait un mort au Nigeria, un fonctionnaire du gouvernement libérien (Patrick Sawyer) mort vendredi dernier à Lagos du virus Ebola.
Il est décédé en quarantaine dans une clinique d'Obalende, laissant craindre un début d'épidémie à Lagos, qui compte plus de 20 millions d'habitants. Selon l'OMS, le défunt était arrivé Lagos le 20 juillet par avion via Lomé (Togo) et Accra (Ghana). Ce qui a conduit les deux compagnies aériennes africaines, Arik et ASKY, à interrompre leurs liaisons avec le Liberia et la Sierra Leone. 59 personnes ayant pu être en contact ce fonctionnaire (dont 15 membres du personnel de l'aéroport et 44 de l'hôpital) ont pour l'instant été identifiées, d'après l'OMS.
Le virus Ebola, qui provoque des fièvres hémorragiques, tire son nom d'une rivière du nord de l'actuelle République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où il a été repéré pour la première fois en 1976. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l'homme.
Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés. Il n'y a pas de vaccin homologué contre la fièvre Ebola, qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées.