Oued El Harrach: nécessité d'accélérer les projets de prétraitement des eaux industrielles rejetées

Publié par Dknews le 13-09-2022, 17h44 | 40

Plusieurs responsables du secteur de l'hydraulique ont souligné, lundi à Alger, la nécessité d'accélérer la réalisation des installations de prétraitement des eaux rejetées, au niveau des usines implantées sur les deux rives de Oued El Harrach.

Lors d'une Journée d'étude et de sensibilisation organisée par le ministère de l'Environnement et des Energies renouvelables au profit des industriels activant autour de la zone de Oued El Harrach (Alger et Blida), plusieurs intervenants se sont accordés sur l'impératif de voir ces industriels recourir au prétraitement des eaux rejetées afin de se conformer à la règlementation régissant ce domaine.

Outre la préservation de l'environnement et de la santé humaine, "l'installation des systèmes de prétraitement est primordiale aussi pour la pérennisation des stations d'épuration installées dans le bassin versant de Oued El Harrach", selon le directeur général du Centre national des technologies de production plus propres (CNTPP), Messaoud Tebani.

Il a ainsi recommandé que les unités industrielles autour de l 'oued se conforment aux normes inscrites dans le décret exécutif de 2006 définissant les valeurs limites des rejets d'effluents liquides industriels, car sinon, a-t-il dit, la STEP de Baraki, destinée au traitement des rejets liquides domestiques, risque d'avoir des problèmes techniques relatifs aux dysfonctionnements des équipements suite à la réception des rejets brutes des industriels.

La source du bassin versant de Oued El Harrach a connu un développement industriel avec la création de 1.086 unités industrielles dont 658 dans les zones industrielles et d'activités et 428 dans les zones du tissu urbain, d'où une forte charge de pollution, a-t-il fait observer.

M. Tebani a également fait savoir que les industriels concernés peuvent s'orienter vers des opérateurs nationaux qui proposent des systèmes pour la gestion et la mise en conformité des eaux usées rejetées à travers l'installation des systèmes de prétraitement.

"Ce système de prétraitement permet non seulement le respect de la réglementation mais aussi l'économie de l'eau avec la possibilité de réutilisation de l'eau traitée dans le processus de production", explique le même responsable.

Pour sa part, le directeur général de la Société des eaux et de l'assainissement d'Alger (SEAAL), Lyes Mihoubi, a rappelé que "la STEP n'est pas faite pour traiter les eaux spécifiques industrielles". "Les stations d'épuration urbaines sont conçues pour traiter des pollutions assimilées à des rejets domestiques.

Tout rejet liquide spécifique et non conforme à la réglementation doit faire l'objet d'un prétraitement au niveau de l'unité industrielle", a-t-il souligné.

 Le déversement de rejets industriels dans les systèmes d'assainissement peut altérer le bon fonctionnement de la station d'épuration et le réseau de collecte, a-t-il expliqué, ajoutant que durant l'année en cours, dix arrêts "importants" de la STEP de Baraki ont été enregistrés suite à l'arrivée massive de rejets industriels.

"Ces arrêts provoquent ainsi le rejet des eaux toxiques vers l'oued et vers la mer pour éviter la dégradation des équipements de la STEP", a regretté M. Mihoubi.

Par ailleurs, il a plaidé en faveur du développement de filières destinées à la valorisation de la boue issue du traitement des eaux usées par la STEP.

Ces boues pouvant être utilisées comme combustible dans les cimenteries ou en tant que fertilisant dans l'agriculture.

Ainsi, a-t-il développé, 180.000 tonnes de boues sont actuellement stockées au niveau des cinq STEP de la capitale, soit l'équivalent de six ans d'activité.

 Le stockage des boues présente un risque sur l'arrêt total ou parti el des installations du système d'assainissement provocant le déversement des effluents directement dans le milieu naturel, selon le directeur général de la SEAAL.

A noter que la STEP de Baraki a une capacité de traitement de 300.000 m3/jour couvrant 40 communes de la capitale et possédant 2.500 km de réseau d'assainissement ainsi que deux bassins de rétention de 10.000 m3 chacun.