Les vestiges culturels de Ghaza s'émiettent sous les bombardements israéliens

Publié par Dknews le 15-08-2014, 18h51 | 25

Les bombardements israéliens ont fait exploser de nombreux vestiges culturels datant du 14 et 15ème siècle à Ghaza, depuis le début de l'agression, affirment des sources palestiniennes, appelant l'Unesco à dénoncer la destruction du patrimoine palestinien et à l'assimiler à un "crime de guerre".

Les frappes israéliennes ont touché des vestiges historiques, des richesses culturelles transmises par des communautés humaines sédentaires depuis 3.300 ans av J-C, mais aussi des biens de familles.
La mosquée Omari de Jabaliya qui remonte au 14ème siècle, peu après l'arrivée de l'islam est réduite en miettes. Il n'en reste que le minaret. Le muezzin a été "fauché" par le missile alors qu'il appelait à la prière, disent les riverains.

Le ministre palestinien du Tourisme et des Antiquités, Rula Ma'ayah, a appelé jeudi l'UNESCO à dénoncer la destruction "intentionnelle" du patrimoine palestinien par l'armée israélienne, et à l'assimiler à un "crime de guerre".

L'agression militaire israélienne a causé des dégâts directs mais aussi indirects au patrimoine ghazaoui, observe Ahmed al-Barsh, du ministère du Tourisme. "Indirects parce qu'il est impossible d'entrer pour les visiteurs, les étrangers, les étudiants ou les chercheurs". Les engins de destruction israéliens ont touché à lapropriété privée dont un musée privé appartenant à la famille de Jawdat al-Khoudary.

Le musée privé ouvert en 2008 sur le front de mer à Ghaza expose des vestiges de poteries anciennes, des pièces de monnaie, des objets en bronze et des armes découverts en creusant la terre au cours de ses chantiers et qui datent des Cananéens jusqu'à la Première Guerre mondiale.
Les Khoudary projetaient d'élargir leur collection mais les choses ne sont pas lénifiantes car, en plus de l'agression depuis le 8 juillet dernier, le blocus imposé par l'occupant israélien à la bande de Ghaza leur rend le travail impossible. "Israël a interdit l'importation de matériaux de restauration, du coup les fondations et les organisations internationales travaillant dans ce secteur ont cessé de nous soutenir", dit l'un des membres de la famille Khoudary.

Les tirs israéliens ont également jeté bas une autre mosquée à Chajaya, l'un des quartiers de Ghaza les plus durement touchés par les bombardements. Il s'agit de la mosquée Al-Mahkamah, datant du 15ème siècle. Elle aussi a été anéantie, il ne reste que le minaret de l'ère mamelouk.
Le hammam al-Samara, dernier bain turc de Ghaza, a dû fermer avec l'agression qui a fait près de 2000 morts parmi les Palestiniens. Les Ghazaouis y ont pris les eaux depuis plus de 1.000 ans. Le vestige constitue l'un des rares rescapés de l'agression israélienne.