Le groupe pétrolier russe Rosneft, visé par des sanctions des Etats-Unis liées à la crise ukrainienne, a sollicité un soutien financier du gouvernement, qui pourrait atteindre 30 milliards d'euros, rapporte jeudi le journal Vedomosti.
Le directeur général de la compagnie, Igor Setchine propose au gouvernement cinq scénarios d'aide, indique le quotidien économique, citant des sources dans le secteur pétrolier et gouvernementales. Le plus coûteux consisterait à puiser 1.500 milliards de roubles (31 milliards d'euros) dans le fonds russe créé pour mettre de côté une partie des revenus pétroliers en prévision de temps de crise, ajoute le journal.
Selon Vedomosti, le ministre de l'Economie a adressé au ministère de l'Energie une analyse des propositions du groupe mais des sources interrogées par le journal ont mis fortement en doute la faisabilité d'un tel soutien. Rosneft, contrôlé à près de 70% par l'Etat, a connu ces dernières années une expansion considérable à coups de grosses acquisitions. Il s'est pour cela lourdement endetté: son endettement atteignait au deuxième trimestre 1.495 milliards de roubles (31 milliards d'euros).
Il a également multiplié les partenariats avec les groupes internationaux, dont le britannique BP et l'américain ExxonMobil. Mais en juillet, les Etats-Unis ont ajouté le groupe dans sa liste noire d'entreprises sanctionnées en raison de la crise ukrainienne, ce qui réduit drastiquement son accès aux financements sur les marchés américains.
Au moment de la publication de ses résultats trimestriels le 25 juillet, le groupe avait indiqué travailler «à un plan destiné à minimiser les conséquences». Après l'introduction des sanctions américaines, l'agence de notation Moody's s'était alarmée de leurs conséquences sur les projets de Rosneft, relevant que ce dernier faisait face à des remboursements totalisant 26 milliards de dollars d'ici à fin 2015.