Bordj Bou-Arréridj : La violence dans les stades scrutée sous différents angles et approches

Publié par Mouad B. le 31-08-2014, 18h01 | 32

Phénomène social multidimensionnel, la violence dans les stades a été scrutée sous différents angles par des experts représentant différentes sensibilités, lors de la première rencontre nationale sur cette thématique ouverte, samedi, à la salle Bachir-Ibrahimi à Bordj Bou-Arréridj.

La tenue de cette rencontre survient à point nommé, à un moment où ce phénomène est devenu une source de préoccupation pour l'ensemble des acteurs politiques, sociaux et sportifs, au vu de ses incidences sur les jeunes et les familles dont les enfants, souvent mineurs, se trouvent mêlés à ces actes et exposés à des poursuites judiciaires et qui commence à altérer sérieusement l’image de l’Algérie.

Un juriste a exposé la vision du juriste du "crime sportif", un représentant de la DGSN a mis l'accent sur "les nouvelles formes du supporterisme", alors que des techniciens en sport ont donné un aperçu sur "la vision sécuritaire de l'organisation des matchs", du fait que c'est lors des rencontres de football que sont généralement signalés les actes de violence.

Pour de nombreux intervenants, la loi sur la violence dans les stades doit concilier prévention et répression dans le traitement de ce phénomène, en prenant en considération le climat général sous-tendant les activités sportives, à savoir le spectacle.

La lutte contre le crime sportif inscrit dans le texte vise à garantir un environnement sain pour la pratique sportive, protéger le public et les joueurs et préserver les infrastructures sportives, a-t-on fait remarquer, estimant que l'approche répressive est à même de contribuer à atténuer les effets de la violence dans les stades, aux côtés de l'aspect pédagogique, la sensibilisation et l'encadrement des supporters.

Après un aperçu historique sur le phénomène des «Ultras», généralement cités dans les actes de violence, l’arbitre international Djamel Haïmoudi, a expliqué que ces groupes sont surtout actifs là où chacune des équipes professionnelles (football) est suivie par au moins un groupe.

Il a tenu à préciser que les «Ultras» se distinguent des hooligans, connus en Angleterre et en Italie, en particulier par "leur penchant vers la structuration, l'organisation, la participation collective et l'intégration sociale", même si "quelques troupes du mouvement ultra, poussant la révolte adolescente à son paroxysme, rejettent en effet les institutions de contrôle social et se montrent peu réceptives aux messages qui viendraient les mettre à mal".

Néanmoins, a-t-il fait observer, "certains agents de police doivent s'adapter à la philosophie «ultra» dans sa dimension festive et pacifique, afin d'opérer une conciliation permanente entre ce nouveau public et les autorités sécuritaires".

Pour mieux gérer ce phénomène, M. Oussassi Salim, ancien arbitre international, a formulé certaines propositions à savoir une institutionnalisation de la coopération et de la coordination entre tous les acteurs pour évaluer les matchs à haut risque et en assurer la bonne gestion, l'imposition de la numérotation des places et la perspective d'une billetterie sur déclinaison de la carte nationale par le supporter, à l'instar des règlements établis dans les stades européens, par exemple.

Représentant les supporters, Mounir Tiar, a, dans ce contexte, appelé à un partenariat avec la direction des collectivités locales pour la réhabilitation et le réaménagement des stades, ainsi qu'un autre avec les services d’ordre pour la nomination d'un haut conseiller à la sécurité et la formation des stadiers et des responsables de sécurité des clubs.

Le jeune représentant des supporters a également mis l’accent  sur la nécessité de la mise en place de commissions régionales de lutte contre la violence, la nomination par les clubs de responsables d'organisation des matches, l'amélioration des conditions d'accueil des supporters, leur implication dans l'organisation des matches et des déplacements à l'extérieur, a-t-il indiqué.

De son côté, l’entraîneur camerounais, Djimbi Younes Laurent, a tenu à rappeler que ce phénomène de violence n’est pas propre à l’Algérie mais qu’il faut lutter pour qu’il ne se développe plus.

D’autres participants ont, pour leur part, mis l'accent sur l'importance de fédérer les efforts pour lutter contre ce fléau dans les stades à travers l'adoption de dispositions juridiques, relevant la nature pénale de ces actes de vandalisme qui font plusieurs victimes et causent des dégâts matériels importants.