La République démocratique du Congo a encore «beaucoup d'efforts» à faire pour respecter l'accord de paix pour les Grands Lacs dit d'Addis-Abeba qu'elle a signé en février 2013 avec dix autres pays africains, selon un rapport d'ONG congolaises publié mercredi.
Cet accord a pour but de mettre un terme aux conflits qui ensanglantent l'Est du Congo depuis vingt ans. Il prévoit que la RDC réforme ses forces de sécurité, son système judiciaire, et progresse vers la démocratie mais, malgré des progrès, «beaucoup d'efforts restent encore à accomplir», estiment les dix ONG à l'origine de ce rapport, dont la Voix des sans-voix, l'une des plus importantes organisations de défense des droits de l'Homme en RDC.
Elles recommandent entre autres d'«accélérer la réforme de l'armée», un meilleur respect des droits de l'Homme, et l'organisation d'«élections irréprochables», après la présidentielle et les législatives contestées de 2011, remportées par le président sortant Joseph Kabila et son camp.
Au Nord-Kivu, province de l'Est du pays, la rébellion congolaise du Mouvement du 23 mars (M23) a été vaincue en novembre 2013 et l'armée, avec le soutien des Casques bleus, a affaibli depuis lors les rebelles ougandais de l'ADF (Alliance des forces démocratiques).
Cependant, pour rendre l'armée professionnelle, des «mesures énergiques s'imposent», comme «venir à bout de la corruption endémique», «régler les salaires» et «exclure les responsables des pires exactions», tels que les viols, meurtres, ou pillages, souligne le rapport.
La réforme de la police progresse avec la livraison d'un meilleur équipement pour certaines unités, mais les ONG regrettent «la faible quote-part financière gouvernementale» dans l'appui au processus, soutenu notamment par l'Union européenne.
Par ailleurs, relèvent les ONG, la RDC enregistre un «retard excessi (...) pour mettre en place un dispositif législatif et des organes judiciaires appropriés susceptibles de réprimer les crimes graves» du point de vue du droit international.
Le rapport revient également sur l'application de l'accord par les autres signataires, surtout le Rwanda et l'Ouganda, voisins de la RDC, où quelque 2.000 ex-rebelles du M23 ont trouvé refuge.
Reddition d'un chef rebelle dans l'Est du pays
Un chef rebelle s'est rendu aux troupes des Forces armées de la RDC» (FARDC) dans l'Est du pays, a annoncé mercredi la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco).
«Le chef militaire des maï-maï Kifwafwa, le colonel Delphin Mbaenda s'est rendu aux troupes des Forces armées de la RDC» (FARDC), a annoncé le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco lors d'une conférence de presse.
La reddition a eu lieu lundi dans le sud de la province du Nord-Kivu, déchirée par les conflits armés depuis vingt ans, dans une zone où les FARDC, appuyées par les Casques bleus, mènent des opérations militaires contre plusieurs groupes armés, a expliqué l'officier.
Les maï-maï Kifwafwa sont une milice d'autodéfense formée essentiellement de combattants de l'ethnie Tembo et présente dans les zones frontalières des provinces du Nord et du Sud-Kivu.
En 2008 et 2009, ce groupe armé avait signé des accords avec le gouvernement de Kinshasa en vue de déposer les armes et d'intégrer l'armée régulière, mais cette intégration ne s'est jamais faite.
Après une période de relatif sommeil, les maï-maï Kifwafwa ont repris les armes en 2012-2013 contre la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), à dominante tutsi et finalement vaincue par les forces loyalistes, avec l'aide des Casques bleus, en novembre 2013.