Iran - Lutte contre l'EI : Le président iranien critique la décision américaine de ne pas envoyer des troupes au sol en Irak

Publié par DK News le 18-09-2014, 15h59 | 52

Le président iranien Hassan Rohani a critiqué mercredi la décision des Etats-Unis de ne pas envoyer des soldats au sol en Irak pour combattre les insurgés de l'organisation Etat islamique qui, selon lui, cherche à «tuer l'humanité».

Dans un entretien à Téhéran avec la chaîne américaine NBC, le dirigeant iranien --qui doit s'exprimer à l'Assemblée générale de l'ONU à New York la semaine prochaine-- a semblé douter de la possibilité que les Etats-Unis puissent vaincre l'organisation EI sans combattants au sol.

«Est-ce vraiment possible de combattre le terrorisme sans épreuve, sans sacrifice ?», a-t-il indiqué. «Dans tous les conflits régionaux et internationaux, ceux qui gagnent sont ceux qui sont prêts à se sacrifier».

Si les raids aériens sont nécessaires dans «certaines conditions et certaines circonstances», ils ne devraient être menés qu'avec la «permission de la population et le gouvernement de ce pays», a-t-il estimé.

Les Etats-Unis mènent depuis le 8 août des raids aériens quasi quotidiens en Irak pour aider les forces irakiennes à combattre l'organisation EI, mais Barack Obama a exclu d'envoyer des soldats au sol pour des missions de combat.

En dépit de ces critiques, M. Rohani a estimé que l'EI devait être stoppé. Les décapitations des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et du Britannique David Haines contredisent les principes de l'islam, a affirmé M. Rohani.

«Ils veulent tuer l'humanité», a-t-il dit. «D'après les principes et la culture de l'islam, tuer des innocents équivaut à tuer l'humanité dans son ensemble».

«Le meurtre et la décapitation d'innocents est donc un motif de honte pour eux, et une source d'inquiétude et de chagrin pour tous les hommes et toute l'humanité», a-t-il dit.

M. Rohani a redit que l'Iran apporterait à l'Irak tout le soutien nécessaire, mettant en garde contre une «ligne rouge» qui serait franchie si les jihadistes de l'EI avançaient sur Baghdad ou des lieux sacrés. «Nous ne laisserons pas Baghdad ou des sites religieux tels que Karbala ou Najaf être occupés par les terroristes», a-t-il déclaré.