Selon les ministres des AE espagnol et libyen : La solution à la crise libyenne ne réside pas dans une intervention militaire étrangère

Publié par DK News le 18-09-2014, 18h46 | 41

La solution à la crise libyenne ne réside pas dans une éventuelle intervention militaire étrangère mais doit émaner exclusivement des Libyens, ont affirmé mercredi après-midi à Madrid les ministres des Affaires étrangères espagnol et libyen, respectivement José Manuel Garcia Margallo et Mohamed Abdelaziz. S’exprimant lors d’une conférence de presse, animée conjointement à la clôture de la conférence sur la stabilité et de développement en Libye, organisée à Madrid, les deux ministres ont affirmé leur «opposition» à une intervention militaire étrangère, privilégiant plutôt un «dialogue national inclusif et une réconciliation nationale entre Libyens, à l’exception groupes armés extrémistes».

«La Libye et les Libyens ne veulent pas et ne souhaitent pas une éventuelle intervention militaire étrangère», a indiqué M. Abdelaziz, soulignant que «les pays du voisinage sont également opposés à cette option».

M. Abdelaziz, qui répondait à une question d'un journaliste, a en outre démenti des informations une «collaboration entre la France et l’Algérie concernant des frappes militaires françaises en Libye».

«L’Algérie et la France sont deux pays qui nous aident et font partie de la solution à la crise libyenne», a précisé M. Abdelaziz, mettant en exergue notamment «les efforts de l’Algérie pour une solution pacifique basée sur un dialogue inclusif».

En ce sens, le ministre des Affaires étrangères de la Libye s’est attardé sur l’initiative algérienne de créer le groupe des pays voisins, lesquels sont à leur 4e réunion, faisant part aussi de son «souhait de voir les efforts des pays voisins coordonnés et conjugués avec les pays du Groupe des 5+5 et les autres institutions internationales».

M. Abdelaziz a précisé que la Libye a davantage besoin d’aide sur le plan logistique pour construire, a-t-il dit, un Etat moderne avec des forces de sécurité aux standards internationaux requis.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération espagnol, a abondé dans le même sens, insistant sur le dialogue et la réconciliation en Libye ainsi que la préservation de l’intégrité territoriale de ce pays.

«L’Espagne et la communauté internationale sont opposées à une guerre civile en Libye», a-t-il affirmé, insistant sur le règlement «définitif et durable de la crise libyenne au risque de voir le danger s’étendre aux autres pays du Nord de l’Afrique, la région du Sahel ainsi que l’Afrique de l’Ouest et l’Europe».

La conférence sur la stabilité et de développement en Libye, organisée par l’Espagne sous l’égide des pays du Dialogue 5+5 a été élargie aux pays du groupe Med7 et les pays limitrophes de la Libye, soit un total de 21 Etats et organisations internationales, à savoir la Ligue des Etats arabes, les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et l’Union pour la Méditerranée.

Le Dialogue 5+5 réunit cinq pays de la rive Sud de la Méditerranée (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq autres de la rive Nord (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal), alors que le groupe Med 7 comprend l’Espagne, la France l’Italie, Malte, le Portugal, Chypre et la Grèce. Les pays limitrophes de la Libye sont l’Algérie, la Tunisie, le Tchad, l’Egypte, le Niger et le Soudan.