Mois du patrimoine : Portes ouvertes sur le laboratoire de conservation et de restauration du patrimoine culturel au Musée du Bardo

Publié par DK NEWS le 07-05-2024, 15h13 | 6

Le Musée national du Bardo a organisé, lundi au niveau de son siège à Alger, des portes ouvertes sur son laboratoire de conservation et de restauration du patrimoine culturel, où les visiteurs ont pu découvrir les différents aspects des opérations de conservation et de restauration des biens culturels et des collections muséales de cette institution, dans le cadre du programme du Mois du Patrimoine (18 avril - 18 mai).

Cette manifestation, organisée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, a été marquée par des présentations pédagogiques animées par le personnel du laboratoire et simplifiées pour les visiteurs, autour d'exemples d'opérations de restauration d'œuvres d'art et de pièces de musée. Différents équipements et matériaux utilisés dans le domaine de la restauration et de la conservation ont également été exposés, et les participants ont pu suivre une partie des travaux de restauration et de conservation de certaines pièces.

Dans ce cadre, le Directeur du Musée national du Bardo, M. Zoheir Harichane, a indiqué que cette manifestation, qui durera tout le mois du patrimoine, "permettra aux visiteurs du musée de découvrir, à travers un atelier de restauration vivant, les principales étapes de la conservation et de la restauration des pièces de musée, grâce aux compétences et aux efforts de spécialistes dans le domaine et à l'utilisation d'équipements, de matériaux et de moyens techniques modernes, en vue de les protéger".            

M. Harichane a également expliqué que cette manifestation vise à "sensibiliser et à informer le grand public, en particulier les enfants, aux différentes activités du musée, qui constitue un monument historique classé abritant des collections muséales variées allant de la préhistoire à l'ethnographie".

La mission essentielle de ce musée est de préserver, valoriser et conserver ce patrimoine important de la détérioration", a-t-il ajouté, soulignant que le laboratoire "effectue régulièrement la restauration et la conservation des biens culturels et des collections muséales qui reflètent la diversité et la richesse du patrimoine matériel et immatériel algérien, et sensibilise à l'importance de sa préservation pour les générations futures".

Attachée de laboratoire, chargée de la restauration, Bouali Saliha, a affirmé que le rôle du laboratoire consistait à s'occuper de l'environnement des pièces anciennes et à intervenir directement sur les pièces exposées, en l'occurrence les collections ethnographiques (costumes traditionnels, céramique, tissus, cuivre, cuir, bois...), les collections spécial préhistoire et celles stockées, en utilisant des appareils modernes facilitant leur protection et restauration.

Elle a souligné que les interventions pour maintenance et restauration menées périodiquement par le laboratoire tout au long de l'année se faisait en plusieurs étapes, citant "la maintenance préventive" qui consiste à équiper toutes les salles d'exposition en espaces de stockage de matériaux spéciaux pour gérer les changements de températures, l'humidité et la luminosité".

Le musée prend également en charge "la mission de conception et de fabrication des supports et caisses réservées aux pièces anciennes, fabriquées avec des matières répondant aux normes de maintenance et de restauration".

Revenant à la deuxième phase, l'intervenante a cité "la maintenance curative", impliquant une intervention directe sur les pièces détériorées, à commencer par un nettoyage profond et le stoppage de tout type de corrosion.

La 3e étape, "la restauration", exige davantage de précision et de clarté pour une bonne lecture de la pièce, en tenant compte de sa valeur historique, esthétique nécessitant parfois des modifications, voire une reconstitution des parties manquantes ou une recoloration.

                 

Le  9e  Festival national de la création féminine célèbre les costumes et les bijoux algériens authentiques

 

Le 9e Festival national de la création féminine qui se tiendra du 9 au 17 mai au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria sous le thème "Costumes et bijoux, legs culturel à travers l'histoire", célèbrera les costumes et les bijoux algériens traditionnels authentiques.

Dans un entretien à l'APS, le commissaire du Festival, Sid Ali Benmerabet, a indiqué que cette édition, organisée dans le cadre du mois du patrimoine (18 avril - 18 mai), tend à "mettre en avant le savoir-faire à même de préserver notre patrimoine immatériel et notre identité, notamment face aux tentatives malveillantes visant à s'emparer des composantes de notre patrimoine culturel et identitaire, dont l'habit traditionnel et les bijoux".

Il a, à ce propos, souligné "la nécessité de contrer ces tentatives et de confirmer l'appartenance de ce patrimoine à l'Algérie avec des preuves historiques et scientifiques", ajoutant que le Festival "œuvre également à mettre en lumière le rôle de l'innovation et la nouvelle vision des artistes dans ce domaine".

Organisée sous la supervision du ministère de la Culture et des Arts, cette édition verra la participation d'une cinquantaine  d'artisanes et stylistes venues de plusieurs wilayas, dont Oran, Constantine, Tlemcen, Blida et Tamanrasset, pour montrer leur savoir-faire et leur contribution à la sauvegarde du patrimoine et de l'identité nationale.

Le responsable a fait savoir que l'ouverture de cette 9e édition sera marquée par une présentation artistique mettant en avant les différents éléments du patrimoine algérien, dont le Haïk et la Melhlfa, et le patrimoine culturel palestinien, à travers des costumes, des bijoux et des chansons traditionnelles en solidarité avec le peuple palestinien à Ghaza, qui subit un génocide sioniste barbare depuis le 7 octobre 2023.

Cette édition sera marquée par les interventions de chercheurs spécialisés sur l'histoire du costume traditionnel algérien dans toute sa composante, sachant que la première étape pour préserver et défendre cette mémoire patrimoniale est de connaître,  selon M. Benmerabet, le parcours historique des costumes et des bijoux algériens et d'encourager la recherche dans ce domaine en rassemblant et en documentant les données et les preuves historiques.

Le Festival se distinguera également par une exposition académique retraçant l'origine et l'histoire du costume traditionnel algérien dans toute sa diversité afin de préserver ce patrimoine immatériel.

Pour la première fois, des porteurs de projets (startups) activant dans le domaine du prêt à porter et de la mode seront associés à l'événement, outre la création d'une plateforme numérique baptisée "be djazairi" (sois Algérien) qui permettra au Festival de regrouper les données des institutions concernées par la promotion du patrimoine culturel national.

Le public aura l'opportunité de découvrir l'exposition interactive des artisans participants, illustrant l'évolution du costume traditionnel algérien à travers les différentes périodes historiques. Un défilé de mode et d'accessoires sera également organisé, ainsi qu'un espace pédagogique dédié aux enfants pour leur faire connaître les habits traditionnels algériens tels que le Burnous, la Melhfa, le Haïk, le Caftan et la Chedda de Tlemcen.

Des visites seront également organisées au profit des élèves des établissements scolaires pour leur permettre de découvrir cette richesse patrimoniale.

Le Festival offre également un espace dédié aux créateurs, présentant des créations vestimentaires modernes conçues et confectionnées par des stylistes talentueuses de différentes wilayas, inspirées des costumes traditionnels. Des ateliers interactifs et dynamiques animés par des artisanes dans le domaine de fabrication de bijoux, de vêtements, de broderie et autres domaines sont également proposés.

A cet égard, M. Benmerabet a rappelé la participation d'écoles de formation professionnelle à l'échelle nationale, visant à mettre en avant le rôle de la formation dans la préservation du patrimoine, la transmission des savoirs, des compétences et des techniques dans ce domaine. Un espace est également dédié aux musées nationaux pour accompagner le festival dans ses axes et faire connaître le rôle des musées dans le maintien, la restauration et la préservation des collections de bijoux, de costumes et autres.

Le Festival national de la création féminine, dont la première édition a eu lieu en 2010, a pour objectif de faire connaître les créations et les innovations des femmes algériennes de différentes wilayas dans divers domaines de l'artisanat ainsi que leur rôle crucial dans la transmission de ce patrimoine et la préservation de l'identité algérienne.