MM. Zane Yahia et Laâla Boukhalfa, invités jeudi du forum DK News: Sauver la filière avicole

Publié par Saïd Abjaoui le 26-09-2014, 17h19 | 74

La filière avicole  serait-elle en danger? Après que les années 80 aient été caractérisées par les  importations, celles des œufs et de la chair blanche, plus particulièrement, les années suivantes furent utilisées en ce domaine précis à inverser la tendance, ou du moins à la réduction des importations en poulets de chair et en œufs. Y sommes-nous arrivés ? Quel diagnostic et quelles perspectives?

Le forum d’hier de DK News a reçu M. Yahia Zane président de l’Union nationale des ingénieurs algériens et M. Laâla Boukhalfa, expert en aviculture.

La filière avicole est à approcher sous l’angle de la sécurité alimentaire, selon le président de l’UNIA.  L’Algérie durant les années 80 était un pays dont la majeure partie de viande blanche et d’œufs provenait des importations. Le poulet était à 90% importé, les œufs également. Tout était importé y compris les aliments par l’Onab.  Il y avait l’Onab et trois petites entreprises du secteur privé. On se rappelle les longues chaînes devant les souks el fellah.

L’Etat avait décidé de ne plus continuer à dépendre des importations et avait lancé des études dans la perspective d’une production nationale. Qu’y avait-il à cette époque ? Le secteur avicole était restructuré en trois unités Oravic centre, Oravio ouest et Oravie est. Ces trois offices régionaux étaient chargés de développer la filière avicole en Algérie.

Disons que la filière était en redressement, en relance jusqu’au premier obstacle qui avait constitué le premier problème, à savoir la taxe TVA.En revenant en arrière,   en 1989 le citoyen consommait 125 œufs par an et tout le monde en produisait même sans déclaration aucune.

Les gens y gagnaient de l’argent en investissant dans la volaille en ne se conformant pas aux normes. Quand les prix baissent, arrêt de l’investissement. Ils attendaient la remontée des prix pour revenir investir.  

Vers le début de la décennie en cours, la production de volaille était estimée à environ 500 000 tonnes de volailles  soit 240 millions de poulets. La production d’œufs était estimée à 3 milliards d’unités.
Il y a aujourd’hui un problème de politique sanitaire. On ne sait plus qui contrôle. Il y a également un problème de vaccin.

Nombre de producteurs se soumettent pas le cheptel à  l’obligation de vaccins.
Si l’Algérie entrait en concurrence mondiale, elle compromettrait sa filière agricole. Le coût de revient au Brésil est de 90 dinars le kg. L’Algérie sera dans l’obligation d’’imposer une taxe d’au moins 45% lors de son entrée dans l’OMC.