Algérie-France - Lutte contre la criminalité organisée : Hamel plaide pour une adaptation "permanente" des instruments juridique

Publié par DK News le 02-10-2014, 19h18 | 60

Le Directeur général de la Sûreté nationale, le général- major, Abdelghani Hamel, a plaidé hier à Alger en faveur d'une adaptation "permanente" des instruments juridiques en matière de lutte contre la criminalité organisée.

Intervenant lors de la séance de clôture d'un séminaire algéro-français sur la lutte contre la criminalité organisée, le général-major Hamel a estimé qu'il était " nécessaire" de mettre l'accent sur des axes à même de de donner "plus d'efficacité" à la lutte contre de fléau.

A ce titre, il a appelé à une adaptation "permanente" des instruments juridiques "et plus spécifiquement ceux visant le renforcement des capacités opérationnelles des services de lutte pour pouvoir répondre aux évolutions de la criminalité".

"Ce renforcement devra également permettre l'anticipation dans l'action", a ajouté le directeur général de la Sûreté nationale. M. Hamel a aussi souligné l'importance de la formation "qui doit accompagner constamment les magistrats et policiers à tous les niveaux de responsabilité particulièrement lorsqu'il s'agit de la lutte contre la criminalité organisée qui exige la spécialisation et un haut degré d'expertise", a-t-il expliqué.

Il a, en outre, plaidé en faveur du renforcement de la coopération opérationnelle déjà confortée, durant la dernière décennie, par plusieurs instruments internationaux, "et qui exige une coopération technique soutenue proche de la réalité du terrain".

Affirmant que la criminalité organisée "se dresse de nos jours de manière avérée comme un danger réel à la stabilité des Etats", M. Hamel a salué les résultats "positifs" auxquels ont abouti les travaux du séminaire algéro-français sur la lutte contre ce fléau. Il a dans ce sens recommandé de faire de ce genre de rendez-vous une "tradition périodique", qui traitera de thématiques particulieres de la criminalité organisée.

"Ce genre de rencontre peut constituer un cadre propice à l'échange et le partage permettra d'identifier les voies et moyens susceptibles de conforter davantage l'action opérationnelle des services chargés de l'application de la loi", a-t-il observé, relevant que l'Algérie et la France "ne sont pas à l'abri" des effets néfastes de différentes formes de la criminalité transnationale "favorisée par le développement des technologies et l'émergence d'une économie mondiale numérisée".

Pour sa part, le directeur de la coopération, de sécurité et de défense au ministère français des Affaires étrangères et du développement international, le vice-amiral Marin Gillier, a souligné que l'Algérie et la France "font face à des problématiques et des menaces lourdes", en particulier issues de la bande sahélo-saharienne.

Il a indiqué que l'assassinat du ressortissant français Hervé Gourdel par un groupe terroriste "a tragiquement illustré ces menaces auxquelles nos deux pays sont confrontés ensemble", affirmant, à cette occasion, que le soutien et la coopération de l'Algérie, "lors de ces circonstances dramatiques" étaient appréciés par les autorités françaises.

Par ailleurs, M. Gillier a présenté a un exposé sur la direction qu'il dirige, précisant qu'elle a été créée en 2010 et dotée d'un budget estimé à 100 millions d'euros, avec pour objectif principal le renforcement de la sécurité intérieure et de la défense de la France.

En matière de coopération internationale, Il a indiqué que sa direction était "ouverte" sur le monde, précisant que 80% de ses efforts sont destinés à l'Afrique en vue notamment de ses défis et problématiques sécuritaires.

Concernant la coopération avec les pays de l'Afrique du nord, M. Gilles a expliqué qu'elle s'articulait sur deux axes, à savoir l'appui à la souveraineté et à l'Etat de droit et à la formation des élites, basée sur la confiance et le dialogue mutuel.