Les Etats-Unis et leur allié sud-coréen ont décidé jeudi de repousser sine die le transfert du commandement militaire à Séoul en cas de guerre avec le Nord, une fonction que Washington assure depuis plus d'un demi-siècle.
Le "contrôle opérationnel" prévoit que le général américain à la tête des 28.500 soldats américains présents en Corée prennent la tête des 640.000 hommes de l'armée sud-coréenne en cas de conflit avec le Nord.
Selon le calendrier, désormais caduque, le transfert du pouvoir à Séoul devait avoir lieu en décembre 2015, mais les crises à répétition avec Pyongyang ont poussé la Corée du Sud à solliciter un report. Lors d'une rencontre à Washington, le ministre américain de la Défense Chuck Hagel et son homologue Han Min-Koo ont signé un mémorandum en ce sens.
"Cet accord retarde le transfert de commandement, mais il fait en sorte que, lorsque ce transfert aura lieu, les forces coréennes seront dotées des capacités de défense nécessaires pour répondre à la menace croissante de la Corée du Nord", a déclaré M. Hagel lors d'une conférence de presse au Pentagone.
Le ministère américain de la Défense a précisé dans un communiqué qu'"aucune nouvelle date ne sera fixée" pour le transfert. L'échéance avait déjà été repoussée en 2010 après le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan par un sous-marin nord-coréen, et les tensions persistantes entre les deux pays ont poussé Séoul à demander ce nouveau report.
Le ministre sud-coréen de la Défense a d'ailleurs qualifié la situation sécuritaire dans la péninsule de "plus instable que jamais". "La Corée du Nord continue ses provocations, qui comprennent de nouveaux essais nucléaires, le développement de nouveaux missiles, l'infiltration par des drones et des coups de feu", a-t-il poursuivi.