L’allaitement naturel est suivi à un taux de 27 % seulement dans les wilayas de l’ouest du pays, a indiqué jeudi à Oran le chef de service prévention à la direction de la santé et la population, lors d'une rencontre régionale sur le thème.
L’allaitement naturel est peu observé dans l’ouest du pays, à tel point que le taux de suivi exclusif jusqu'à l'âge de six mois ne dépasse guère les 4 %, a déploré le Dr Larbi Deharib dans sa communication sur "la problématique de l’allaitement naturel".Qualifiant ce taux d'"insignifiant", il a fait remarquer qu'il est encore plus bas comparativement à ceux dans l’est et centre du pays.
Pour le Dr Teurki Hassaine Rafik, de l’établissement hospitalier de pédiatrie Boukhroufa Abdelkader (Oran), de nombreuses mères "ignorent les vertus de l’allaitement naturel et ne connaissent pas parfaitement le mode d’utilisation de l’allaitement artificiel".
"L’allaitement naturel est une question de société dont la responsabilité est partagée entre l’homme et la femme", a-t-il souligné.A titre incitatif pour un retour au lait maternel au profit des nourrissons, le Dr Daharib a mis l'accent sur la nécessité notamment de "sensibiliser les mères, d'intensifier le contact et de former l’encadrement médical dans ce domaine."
La directrice de l’observatoire régional de la santé, le Dr Belarbi Nawal, a signalé qu’un programme de formation de médecins et de sages-femmes sur l’allaitement naturel à travers les wilayas du pays est en phase d'élaboration pour être concrétisé en 2015, en vue de relever le taux d’allaitement naturel à 60 voire 80 % pour les six premiers mois depuis la naissance.
Le directeur de la santé et de la population de la wilaya d'Oran, Guessab Abdelkader, a mis l’accent sur le rôle essentiel des unités du Plan d'action maternelle et infantile (PMI) dans la sensibilisation des mères sur l’importance de l’allaitement naturel, ses vertus et son effet sur le plan sanitaire et psychique pour la mère et l’enfant, ajoutant que l’allaitement naturel constituera une priorité dans le plan d’action 2015.
La psychologue Meflahi Asmae a appelé, pour sa part, les sages-femmes et les praticiens à éviter de conseiller le lait artificiel et à empêcher les annonces publicitaires au sein des centres sanitaires.
Dans ce cadre, des intervenants ont proposé d'interdire l’accès aux établissements hospitaliers des délégués médicaux faisant la promotion du lait artificiel, d'œuvrer davantage à promouvoir l’allaitement naturel à travers des spots publicitaires dans les médias et d'engager une action de sensibilisation des filles sur l’importance de l’allaitement naturel, dans le cadre de la santé scolaire.
Cette rencontre, organisée à l’institut national supérieur de formation paramédicale, et à laquelle ont pris part des médecins et des sages-femmes des unités de protection maternelle et infantile (PMI) des wilayas de l’ouest, a été initiée par l’observatoire régional de la santé, en collaboration avec la direction du secteur de la wilaya d’Oran.