L'année 2015 sera celle du «décollage définitif» de l'économie espagnole, après une année de récupération, a assuré vendredi président du gouvernement, Mariano Rajoy.
«L'année 2014 a été l'année de la récupération et 2015 sera celle du décollage définitif de notre économie», a déclaré M. Rajoy à Madrid, en présentant à la presse son bilan annuel.
«L'Espagne croît sur des bases solides, clairement au-dessus de la moyenne européenne», a affirmé le chef de l'exécutif, rappelant que la croissance du PIB (Produit intérieur brut) devrait atteindre 1,3 ou 1,4% après une diminution de 1,2% en 2013 et notant la création de 550.000 emplois aux deuxième et troisième trimestres ou encore de 71.500 nouvelles entreprises, sans préciser ni le nombre des chômeurs ni celui des entreprises ayant disparu.
«Après sept années de crise et de chutes continues, pour la première fois depuis 2007, il y a des créations nettes d'emplois», a-t-il ajouté. «il y a un an, j'avais pronostiqué une année 2014 bien meilleure et ces prévisions se sont vérifiées».
M. Rajoy a également défendu la politique sociale du gouvernement, alors que l'électorat semble se détourner de plus en plus vers le parti antilibéral Podemos, opposé aux mesures d'austérité.
Le chef du Parti socialiste espagnol (PSOE) Pedro Sanchez, a déclaré vendredi qu'il ne partageait pas l'analyse du chef du gouvernement.
«Je demande à M. Rajoy de ne pas utiliser vainement le mot récupération», a-t-il dit. Pas «tant que nous ne récupèrerons pas les niveaux d'emploi d'avant la crise, tant que nous n'aurons pas les mesures de protection sociale d'avant la crise», ce n'est pas admissible, a déclaré M. Sanchez.
«L'Espagne souffre d'un gouvernement qui punit les classes moyennes et les travailleurs» et dont seuls «10% de privilégiés» bénéficient, a-t-il accusé.
Selon cet opposant, «il est indécent et injuste de parler de fin de crise alors que l'on poursuit les coupes claires en matière d'éducation et de santé publique (...) et la réduction des prestations pour les chômeurs».
Le chômage devrait s'élever à 24,2% pour cette année, selon des prévisions officielles, soit l'un des niveaux les plus élevés des pays industrialisés.