Turquie: La Banque centrale augmente ses taux pour sauver la livre malgré l'opposition du gouvernement

Publié par DK News le 29-01-2014, 16h21 | 37

La Banque centrale turque a procédé mardi soir à une hausse massive de ses taux d'intérêt, une décision attendue par les marchés pour endiguer la chute continue de la livre, contre l'avis du gouvernement, hostile à cette mesure.

Lors d'une réunion d'urgence de son comité de politique monétaire, l'institution financière a procédé à un changement complet de stratégie et annoncé une augmentation de son taux au jour le jour, qui passe de 7,75 à 12%, et de son taux hebdomadaire repo, poussé de 4,4 à 10%.

La banque a justifié sa décision par la nécessité de «contenir l'impact négatif» des «récents développements intérieurs et extérieurs» sur «l'inflation et la stabilité macroéconomique» du pays.
Ces mesures de «resserrement monétaire seront maintenues jusqu'à une amélioration significative des prévisions d'inflation», a-t-elle ajouté.

L'annonce de la banque centrale a été immédiatement saluée par les marchés, où la livre turque (LT) s'échangeait à 2,1855 LT pour un dollar et à 2,9855 LT pour un euro. Elle a rebondi mercredi en fin de matinée, se monnayant autour de 2,20 LT pour un dollar et de 3,00 LT pour un euro, en très forte progression par rapport aux planchers historiques de 2,39 LT pour un dollar et 3,27 LT pour un euro atteints lundi à la mi-journée. Cette mesure a réjoui les analystes, qui considéraient depuis des semaines une hausse des taux comme seule capable de mettre un terme à la chute de la livre, qui commence à sérieusement affecter la bonne santé économique du pays.

La banque centrale s'était jusque-là refusée à y recourir, sous les pressions répétées du gouvernement.
Depuis des semaines, tous les ministres ont en effet multiplié les mises en garde contre toute hausse des taux, par crainte d'affecter la croissance et de creuser les déficits publics déjà très élevés du pays (+ de 7%), évoquant une crise «passagère».

Juste avant le coup d'envoi de la réunion d'urgence de mardi soir, M. Erdogan avait mis en garde la banque, en principe indépendante, contre les conséquences d'une telle décision.