Une représentante des Nations unies a appelé vendredi à Abuja à une "réponse régionale" contre le groupe extrémiste armé Boko Haram qui ravage le nord-est du Nigeria depuis six ans et commence à étendre ses attaques vers les pays frontaliers.
"Nous voyons Boko Haram se déplacer vers les pays voisins", a déclaré Leila Zerrougui, sous-secrétaire générale de l'ONU et représentante spéciale pour les enfants et les conflits, citée par l'agence AFP.
"Cela nécessite une réponse régionale", a-t-elle souligné. "Il est donc extrêmement important que la communauté internationale, les pays voisins et le gouvernement du Nigeria prennent des mesures pour s'assurer que tout cela cesse", a poursuivi la responsable.Le groupe armé extrémiste Boko Haram contrôle désormais la quasi-totalité de la région frontalière nigériane où se rejoignent Niger, Tchad et Cameroun.
L'armée tchadienne a fait mouvement vendredi vers le Cameroun voisin pour livrer bataille au groupe armé, accusés par Washington et Paris de "crimes contre l'humanité" après une série d'attaques meurtrières au Nigeria.
Toutefois, Mme Zerrougui a indiqué que la lutte contre Boko Haram devait venir "en tout premier lieu du Nigeria, dans la mesure de ses capacités". Quant à l'assistance internationale, a-t-elle dit avec une infime prudence diplomatique, "ce n'est pas à moi de décider. Si le Nigeria pense qu'il peut se débrouiller seul, il se débrouillera seul.
S'il a besoin de soutien extérieur, il sollicitera ses partenaires".
Mme Zerrougui s'exprimait après avoir visité des camps de déplacés à Yola, la capitale de l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est où sévit Boko Haram.