Niger : des manifestations anti-Charlie Hebdo dégénèrent en émeutes à Niamey...

Publié par DK News le 18-01-2015, 16h32 | 52

Des manifestations contre la publication de caricatures attentatoires au Prophète dans l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo samedi au Niger ont dégénéré en émeutes à Niamey, la police tentant de maîtriser les manifestants en colère, selon des sources concordantes.

Les manifestations parfois violentes embrasaient dans l'après-midi la capitale nigérienne au lendemain de violences dans la ville de Zinder, deuxième ville du Niger, qui ont fait quatre morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo vendredi soir.

En fin de matinée, un millier de jeunes s'étaient réunis près de la grande mosquée de Niamey, en dépit de l'interdiction du rassemblement par les autorités, aux cris de "A bas la France", "A bas Charlie Hebdo".

L'édifice avait été encerclé par quelques dizaines de policiers anti-émeute munis de casques et de boucliers, qui ont tenté de disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes, selon des correspondants.

Plusieurs protestataires ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, dont deux véhicules tout terrain ont été brûlés. Des pneus en flamme ont aussi été jetés dans un commissariat à proximité de la grande mosquée, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. "Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre même au péril de notre sang", a déclaré un manifestant au journaliste.

Les émeutes se sont ensuite étendues à plusieurs autres quartiers du centre de la capitale, dont celui de la cathédrale de Niamey, entouté d'une centaine de policiers anti-émeute, munis de casques et de boucliers, a confié un policier nigérien à l'AFP.

Selon l'agence, plusieurs agences d'entreprise française et des kiosques publicitaires ont été saccagés dans la ville. L'ambassade de France à Niamey a invité ses ressortissants sur place à "éviter toute sortie" tandis que les membres de l'ONU étaient appelés à se tenir à l'écart de "tout attroupement" dans la capitale. En milieu d'après-midi, aucun bilan sur d'éventuelles victimes n'était disponible et les officiels nigériens ne s'étaient pas encore exprimés.


...retour au calme à Niamey après des manifestations violentes

Le calme était revenu samedi soir dans la capitale du Niger, Niamey, après de violentes manifestations contre la publication de caricatures portant atteint au Prophète dans l'hebdomadaire français Charlie Hebdo.

Sur la rive droite, où les manifestants se sont dirigés dans l'après-midi, "le calme est revenu" après "une journée d'enfer", a témoigné une habitante citée par l'agence AFP. Deux églises ont selon elle été brûlées dans cette partie de la ville, ce qui porterait à dix les lieux de cultes incendiés par les protestataires, selon un journaliste de l'agence.

Des voitures de police restaient stationnées devant la cathédrale de Niamey et plusieurs autres édifices religieux de la rive gauche de la ville, a constaté le journaliste dans la soirée. "Tout s'est tassé" sur la rive droite de Niamey, a confirmé Moussa, qui y habite, alors que la nuit est tombée sur le Niger.

Une source sécuritaire occidentale, pour qui "la situation est redevenue calme au centre-ville de Niamey", a également fait état d'"une dizaine d'églises incendiées ou vandalisées" dans la capitale.
Une vingtaine d'oulémas, des théologiens musulmans, sont apparus samedi à la télévision pour appeler au calme les manifestants.