Lutte contre le terrorisme : L'UE veut une coopération plus étroite avec la Turquie et des pays arabes

Publié par DK News le 20-01-2015, 16h58 | 24

L'Union européenne (UE), en état d'alerte depuis les attentats de Paris, veut coopérer plus étroitement avec la Turquie et des pays arabes dans ses actions de lutte contre le terrorisme.

Ainsi, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a proposé lundi lors d'un sommet des pays de l'UE sur la lutte antiterroriste à Bruxelles, une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre l'UE et ses partenaires turc et arabes.

«Nous préparons des projets spécifiques à lancer dans les prochaines semaines avec des pays précis pour accroître le niveau de coopération en matière de contreterrorisme», a déclaré Mme Mogherini. Elle a notamment cité «la Turquie, l'Egypte, le Yémen, l'Algérie, des pays du Golfe».

L'UE a aussi décidé une meilleure «coordination» en matière «d'échange d'informations» et de «renseignement», au sein de l'Union mais aussi avec «d'autres pays», précédemment cités, mais aussi «l'Afrique du Nord, l'Afrique et l'Asie».

Parmi les «actions concrètes immédiates», la chef de la diplomatie européenne a cité la présence «d'attachés de sécurité dans toutes les délégations de l'UE dans les pays pertinents», afin d'entretenir des «contacts réguliers entre professionnels de la sécurité et du contreterrorisme».

Soulignant que les «premières victimes du terrorisme sont les musulmans et les pays arabes», elle a plaidé pour le «dialogue et l'alliance pour éviter toute perception d'un choc» des civilisations. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, convié au sommet qui a réuni les ministres des Affaires étrangères de l'UE, a pour sa par averti que la lutte contre le terrorisme n'est pas seulement «une question militaire ou sécuritaire», soulignant qu'il fallait la livrer «au niveau intellectuel, culturel, médiatique, religieux». 

«C'est cela que nous tentons», a-t-il insisté. Ces déclarations interviennent alors que des manifestations se poursuivaient mardi dans plusieurs pays contre la publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomed (QSSSL) en une de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo, cible de l'attentat meurtrier du 7 janvier.

Depuis cette date, les dirigeants européens ont pour priorité le renforcement de la coopération en matière de renseignement, le renforcement des contrôles aux frontières de l'espace Schengen, la lutte contre le trafic d'armes ou la création d'un registre commun des passagers aériens (PNR).

Ces questions seront discutées par les ministres compétents, ceux de l'Intérieur, le 29 janvier à Riga, et surtout par les chefs d'Etat et de gouvernement le 12 février, lors d'un sommet consacré à la lutte contre le terrorisme.

Plusieurs chefs de diplomatie de pays de l'UE participeront dès jeudi à Londres à une rencontre organisée en commun par le Royaume-Uni et les Etats-Unis entre pays membres de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI/Daech) en Syrie et en Irak.

L'Algérie, un exemple en matière de lutte contre le terrorisme

L'Algérie, forte de son expérience dans la lutte contre le terrorisme, doit accueillir, en mars à Alger, la prochaine réunion des ministres de l'Intérieur arabes qui sera axée sur la lutte internationale contre ce phénomène.

Cette réunion «sera celle de la mise en place de bases d'une lutte, non seulement au niveau arabe mais aussi international, contre le terrorisme», a déclaré le secrétaire général du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur (CMAI), Mohamed Benali Kommane, à l'issue d'un entretien avec le ministre de l'Etat, ministre de l'intérieur et des collectivités locales, Tayeb Belaiz.

La 32e session ordinaire du CMAI sera marquée par la présence de tous les pays arabes au regard de «son importance et de son écho» d'autant que le monde arabe fait l'objet d'accusations infondées dont celle du terrorisme», a-t-il fait valoir.

Rappelant que les pays arabes étaient les premiers victimes du terrorisme, les premiers à dénoncer ce phénomène et les premiers à sensibiliser sur le danger de ce fléau, le secrétaire général du Conseil des ministres arabes a mis en avant les «efforts arabes dans la lutte contre le terrorisme».

Les pays arabes étaient les premiers à avoir appelé à la tenue d'une conférence internationale sur le terrorisme, a indiqué le responsable ajoutant que le terrorisme se nourrissait «des idées extrémistes, du sectarisme mais de volontés inscrites dans cette logique en Occident».

«De nombreux pays occidentaux ont donné asile aux extrémistes au prétexte de la liberté de pensée», a-t-il soutenu, exhortant la communauté internationale à assumer «sa responsabilité pour lutter contre ce fléau qui a désormais un impact négatif sur tous les pays sur plusieurs plans, notamment touristique et économique».

«La liberté de pensée (prônée par les pays occidentaux) ne donne pas le droit à l'insulte et à l'injure», a-t-il enfin averti. L'Algérie est régulièrement sollicitée par des pays tel que les Etats-Unis, qui ont relevé en septembre dernier par la voix de leur secrétaire d'Etat John Kerry, son «rôle positif» sur la scène régionale et internationale, en mettant en évidence sa «contribution précieuse» dans le combat contre le terrorisme.