Pétrole : La chute des cours du brut est due aussi au poids des dettes dans le secteur pétrolier

Publié par DK News le 08-02-2015, 17h42 | 31

La forte chute des cours du pétrole ne s'explique pas seulement par l'offre et la demande mais aussi par le poids de la dette et des instruments de couverture utilisés sur le marché pétrolier, a expliqué la Banque des règlements internationaux (BRI) dans une analyse publiée samedi.

«Les changements dans la production et la consommation semblent loin de fournir une explication pleinement satisfaisante pour l'effondrement brutal dans les prix du pétrole», ont estimé les auteurs de l'étude préliminaire sur le pétrole réalisée par la BRI.

Après s'être maintenu pendant quatre ans aux environs de 100 dollars, le prix du baril a chuté d'environ 50% depuis le début du second semestre 2014, a rappelé la BRI basée à Bâle.
En 1996 et en 2008, les fortes corrections sur les cours de l'or noir s'expliquaient par une contraction importante de la consommation ou par une hausse significative de la production, ce qui n'est pas le cas dans le récent mouvement puisque la production est restée proche des attentes tandis que la consommation n'a été qu'un peu plus faible que prévu, ont-ils argumenté.

La baisse des cours, compte tenu de son ampleur, n'est pas sans rappeler les mouvements observés sur les actifs financiers, dont l'évolution dépend des anticipations quant aux conditions futures de marché. A cet égard, la décision de l'OPEP de ne pas réduire la production été un facteur clé de la baisse des cours, selon cette étude.

D'après les auteurs de cette étude, d'autres facteurs pourraient cependant avoir amplifié la correction, l'un d'entre eux étant la dette accumulée par les acteurs du secteur pétrolier qui ont multiplié les émissions d'obligations ces dernières années.

Toutefois, la baisse des cours réduit la valeur des actifs pétroliers utilisés pour garantir les emprunts, et a pour effet d'affaiblir leurs bilans, conduisant à un resserrement des conditions de crédit. De plus, la chute des cours pèse sur leurs flux de trésorerie, augmentant le risque de défaut pour le paiement des intérêts. De surcroît, de nombreuses sociétés domiciliées en dehors des Etats-Unis ont empruntés en dollar, alors que cette devise s'est fortement ré-appréciée.

Le second facteur tient à l'abondance de liquidités qui a facilité le recours aux instruments de couverture sur les marchés dérivés par le biais de «swap dealers», les opérateurs sur contrats d'échange.

Néanmoins, dans une phase de «volatilité accrue» et de «pression sur les bilans», ces derniers pourraient être «moins disposés» à vendre des instruments de couverture aux producteurs de pétrole, ont-ils pointé.