La Grèce ne souffrira pas d'un manque de liquidités jusqu'à l'été

Publié par DKNews le 08-02-2015, 17h51 | 27

Le ministre grec de l'Economie Georges  Stathakis a estimé samedi que la Grèce ne souffrirait pas d'un manque de liquidités jusqu'à l'été, grâce à un plan gouvernemental de renforcement du système de la perception des impôts.

M. Stathakis réagissait à la publication d'une interview qu'il a donnée au Wall Street Journal, dans laquelle il est cité disant: «Nous aurons des problèmes de liquidité en mars si les impôts ne s'améliorent pas, et alors nous verrons à quel point l'Europe sera dure».

«Je n'ai pas dit qu'il y aurait des problèmes de liquidité en mars» assure M. Stathakis sur Twitter, ajoutant que le discours de politique générale que fera dimanche le Premier ministre Alexis Tsipras devant le gouvernement «comprend un plan d'augmentation des recettes provenant des impôts, assurant ainsi la trésorerie nécessaire».

«Il n'y aura pas de problème jusqu'à l'été et la conclusion d'un accord» avec les partenaires européens, affirme M. Stathakis. Dans son interview au Wall Street Journal, M. Stathakis indique que la collecte d'impôts a baissé de 7% entre novembre et décembre 2014 (environ 1,5 milliard d'euros) et sans doute autant entre décembre et janvier.

La Grèce souhaite obtenir de l'UE un financement-relais durant quelques mois, pendant l'élaboration d'un vaste plan comprenant réformes et aménagement de sa dette, mais l'UE n'y semble pour l'instant pas disposée.

Le nouveau gouvernement de Syriza d'Alexis Tsipras a en effet décidé d'en finir avec les plans d'aide gérés depuis 2010 par la troïka de ses créanciers (UE, BCE, FMI) en échange de réformes drastiques dans le pays.

Il renonce ainsi à la dernière tranche d'aide de l'UE qui devait lui être versée fin février, ne réclamant qu'1,9 milliard d'euros issus d'obligations grecques détenues par la BCE, sur un total de 7,2 milliards d'euros qui lui étaient destinés. Il a aussi demandé vendredi à pouvoir émettre des bons du Trésor au-delà de la limite autorisée.

Or, le temps semble presser car la Grèce a des engagements financiers à honorer, et déjà de nombreux Grecs ne payent plus leurs impôts, en attendant de voir comment va évoluer le pays.

Le gouvernement grec et l'UE font monter la pression, à quatre jours d'un Eurogroupe à Bruxelles réunissant les 19 ministres des Finances de la zone euro, et à cinq jours d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, le tout à Bruxelles.