Pr Bouzid, un médecin pour une médecine humaniste aujourd’hui

Publié par O.Larbi le 05-02-2014, 19h28 | 165

C’est l’un des derniers grands humanistes parmi les hommes de l’Art : chaleureux, dévoué, accompagnant ses patients dans toutes leurs démarches qui ressemblent à des sauts d’obstacles, c’est un fin observateur des mouvements du cœur et de l’âme.

Les malades qui entrent dans son service au Centre Pierre et Marie Curie d’Alger sont certains d’une chose : ils seront bien pris en charge, même s’il ne les rencontre qu’une seule fois ; ses assistants et résidents formés à son contact sont devenus ses émules sur le plan professionnel.

M. Bouzid est un médecin de combat contre la maladie, contre le malheur surtout lorsque les moyens  manquent pour la  prévention, le dépistage, la mise à disposition des médicaments, des moyens d’investigation et de recherche  alors que le système médical est là pour soigner des êtres vivants, des enfants, des femmes et des hommes.

Kamel Bouzid est un révolté, un sentimental, un indigné, diront ceux qui ont perdu tout le respect de l’être humain, toute sensibilité, qui exerce un métier sur des « objets » désincarnés. Si Kamel Bouzid est en colère, c’est parce qu’il sait que le cancer peut être guéri, qu’il mesure que les progrès dans la lutte mondiale contre ce fléau tardent à profiter aux Algériens malgré le « Plan cancer » lancé par le Président de la République.

Quand se décidera-t-on à faire travailler ensemble, chacune des  institutions dans la chaîne des responsabilités ? Quand les défaillances seront-elles sanctionnées ? Quand la vie humaine sera-t-elle respectée, par ceux-là mêmes qui en ont fait leur gagne-pain, d’un bout à l’autre de la chaîne des soins ?

Les bureaucrates reprochent au professeur Bouzid de montrer les écarts entre ce qui se fait à l’étranger, dans des pays moins avancés que l’Algérie, et de se placer aux côtés du malade pour que le droit à la santé ne soit pas une vaine devise. D’autres, lui contestent de commenter l’abandon d’une femme malade par son mari quand elle est atteinte d’un cancer.

Kamel Bouzid est l’anti modèle du médecin du XXIe siècle, il est resté au siècle des Lumières. Il annonce, en forme de dernier espoir, qu’une conférence de consensus pour appliquer le « Plan Cancer » aura lieu du 4 au 6 avril à Oran. Son thème : soigner de manière optimale.