Le délai du 30 juin fixé pour l'élimination des armes chimiques syriennes pourra être respecté, a estimé la coordinatrice spéciale de la mission conjointe de ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) pour le désarmement.
«La date limite du 30 juin pourra être respectée», a déclaré Sigrid Kaag après avoir remis son rapport mensuel jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU.«On s'attend à des retards qui ne sont pas insurmontables», a-t-elle expliqué, en rappelant qu'il fallait tenir compte du contexte, en référence à la situation sécuritaire désastreuse, le résultat de près de trois ans de guerre qui a fait plus de 130.000 morts et déplacé plus de 6,2 millions de personnes.
«Il y a une attente concernant le transport rapide (des armes chimiques), de manière sure et sécurisée», a relevé Mme Kaag.Sigrid Kaag, qui coordonne l'opération conjointe de désarmement ONU-OIAC a même estimé que Damas ne retardait pas délibérément l'opération, comme l'en accusent les Occidentaux, et notamment Washington. «Non, la coopération se poursuit», a-t-elle affirmé à la presse.
En septembre dernier, Damas a décidé d'adhérer à la Convention sur les armes chimiques et a convenu d'éliminer son arsenal chimique avant le 30 juin 2014. Seules deux cargaisons d'agents chimiques jusqu'ici ont quitté la Syrie via Lattaquié, alors que le calendrier fixé stipulait que plus de 700 tonnes d'agents chimiques les plus dangereux auraient dû avoir quitté le territoire syrien au 31 décembre dernier.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé jeudi au gouvernement syrien d'accélérer le transport hors de Syrie de ses armes chimiques.Les 15 pays membres du Conseil «demandent au gouvernement syrien de prendre rapidement des mesures pour respecter ses obligations», a déclaré l'ambassadrice de Lituanie Raimunda Murmokaité, qui préside le Conseil en février.
Le calendrier de destruction de cet arsenal a été fixé par l'ONU dans une résolution qui prévoit des sanctions, voire un recours à la force militaire, en cas de non-respect.Les armes chimiques doivent être transportées vers le port syrien de Lattaquié «de manière systématique et accélérée», estime le Conseil qui «note les inquiétudes sur le rythme trop lent» de ce processus. Pour l'instant, moins de 5% des agents chimiques les plus dangereux ont été évacués de Syrie, selon Washington.
A l'issue de de la réunion du Conseil, l'ambassadrice américaine Samantha Power a une nouvelle fois accusé le président syrien Bachar al-Assad de «traîner des pieds» pour se débarrasser de son arsenal. La Russie considère de son côté que l'opération de désarmement avance malgré tout et que l'échéance du 30 juin sera tenue.
Seuls deux chargements d'agents chimiques ont quitté la Syrie, les 7 et 27 janvier, via Lattaquié, alors que ce sont plus de 700 tonnes d'agents chimiques les plus dangereux qui auraient dû avoir quitté le territoire syrien au 31 décembre.
Mercredi était la date limite pour évacuer 500 tonnes supplémentaires d'agents chimiques dits de «catégorie 2». Quelque 120 tonnes d'isopropanol doivent en outre être détruites en Syrie d'ici au 1er mars.
Les agents chimiques sont évacués à bord de navires militaires danois et norvégiens vers le port italien de Gioia Tauro, où ils seront chargés sur un navire de la marine américaine spécialement équipé pour les détruire. Ce navire, le Cape Ray, «arrivera bientôt en Méditerranée», a encore indiqué l'ambassadrice américaine Samantha Power.