Environ un million de dollars d'un fonds de l'agence de renseignement américaine (CIA) ont servi au paiement d'une rançon pour la libération d'un diplomate afghan en 2012 par l'organisation terroriste Al-Qaida, a révélé le quotidien New York Times.
Le diplomate, Abdil Khaliq Farahi, était alors Consul général d'Afghanistan à Péshawar, au Pakistan, quand il avait été enlevé en septembre 2008, quelques semaines avant de prendre ses fonctions d'ambassadeur. Il avait été libéré plus de deux ans après, lorsque Kaboul avait «versé une rançon d'un montant total de 5 millions de dollars, dont le cinquième provenait d'un fond secret financé par la CIA», a écrit le journal dans son édition de samedi.
Selon le jorunal, des lettres évoquant le paiement de cette rançon ont été retrouvées dans les ordinateurs et parmi les documents saisis en 2011 lors du raid américain à Abottabad (Pakistan) qui a abouti à la mort de Ben Laden.
Ces courriers, jusque là tenus secrets, ont été présentés comme preuves à charge dans le procès à New York d'Abid Naseer, un membre d'Al-Qaida reconnu coupable début mars d'avoir participé à la préparation avortée d'attentats à New York, Manchester et Copenhague. Ben Laden, pousuit le journal, alors chef d'Al-Qaida, avait eu vent de l'origine des fonds, «transférés sur un compte secret du gouvernement afghan».
Il s'était alors «inquiété que les Américains puissent tracer les billets, ou les aient empoisonnés ou irradiés, et avait demandé qu'ils soient changés dans une autre monnaie», toujours selon le récit du quotidien américain. «C'est un peu étrange car un pays comme l'Afghanistan ne paierait pas autant pour libérer l'un de ses hommes», écrivait Ben Laden dans une des lettres saisies par les Américains lors de sa mort, précise le journal.
«Un échange épistolaire entre Oussama Ben Laden et un responsable d'Al-Qaida révèle donc que la CIA a participé, par inadvertance, au financement de l'organisation terroriste», a rapporté le New York Times. Le journal affirme qu'il ne s'agissait pas d'un piège tendu à l'organisation terroriste, mais, d'un «exemple parmi d'autres de financement de groupes terroristes par les Etats-Unis du fait», supute encore le journal, «d'un manque de supervision et de contrôle du côté de l'agence de renseignement».