Incidents de Ghardaïa :Qui tire les ficelles ?

Publié par Kamel Cherif le 07-02-2014, 18h45 | 106

Devant la tournure dangereuse que prennent les événements de Ghardaïa, l’Etat a décidé de réagir et de passer à un autre stade pour imposer la force de la République dans cette région. 

C’est sur instruction du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, s’est rendu jeudi dernier à Ghardaïa. Le ministre était accompagné du directeur général de la Sûreté nationale, le général-major, Abdelghani Hamel et le général-major, commandant en chef de la Gendarmerie nationale, Ahmed Bousteila.

Au terme de cette visite de grande importance, il a été décidé de créer un Centre opérationnel de sécurité, cogéré par la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale. L’objectif de ce centre est de rétablir l’ordre et mettre fin aux échauffourées.

Il faut reconnaître que la situation n’a que trop duré dans cette région, réputée pour son calme et sa sérénité. Une région qui, faut-il encore le préciser, demeure un bel exemple de cohabitation entre les communautés malékites et ibadites.

Toutefois, les dérapages que connait la situation aggravée par l’effusion du sang, dénotent du danger que présentent ces événements aussi bien pour la vallée du M’zab que pour la stabilité du pays de manière générale. Il est vrai que les autorités avaient fait montre de beaucoup de souplesse et pris toutes les mesures à même de ramener le calme dans la vallée du M’zab. Mais force est de constater l’entêtement de certaines parties qui tentent à chaque fois de rallumer le brasier de Ghardaïa. 

Malgré les mesures prises par l’Etat, il semble que les objectifs de ceux qui sont derrière ces événements demeurent les mêmes : embraser la région et par là même le pays. C’est ainsi que l’Etat a décidé cette fois-ci de sévir avec force et de manière impitoyable en appliquant les lois de la République.

Désormais, les fauteurs de trouble seront sévèrement jugés et aucune circonstance atténuante ou autre mesure de clémence ne leur seront accordées. «L’Etat va agir avec rigueur et équité, conformément aux décisions de la justice, contre les personnes malveillantes et les fauteurs de trouble», a averti Belaïz. A ce propos, les personnes qui seront arrêtées savent désormais à quoi s’en tenir.  

Pour éviter que les troubles recommencent, le Centre opérationnel, constitué des éléments de la Dgsn et de la Gendarmerie nationale, veilleront au grain dans la mesure où toute la région, quartier par quartier, sera quadrillée et mise sous haute surveillance, au grand bonheur des habitants qui ont exigé davantage de sécurité et de vigilance de la part des forces de sécurité. Tous les quartiers seront ainsi sécurisés et passés au peigne fin pour étouffer dans l’œuf toutes tentatives d’échauffourées. 

Avec l’aide de la population, mais aussi des notables de la vallée du M’zab qui se sont démarqués de ces événements, il faut s’attendre à un retour au calme à Ghardaïa, investie, faut-il le préciser, par des individus étrangers à la ville et à la région.