L'ONU a averti vendredi dans un rapport intitulé «L'eau pour un monde durable» que la Terre risque de faire face à un déficit global en eau de 40% d'ici 2030.
Selon le rapport, présenté à New Delhi, en Inde, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau (22 mars), la planète «n'a jamais eu autant soif», d'où la nécessité pour les secteurs agricoles et énergétiques de produire davantage dans le souci de répondre aux besoins d'une population toujours en croissance.
D'ici 2050, l'agriculture, le secteur qui demande beaucoup d'eau, devra produire 60% de nourriture supplémentaire au niveau mondial, suggère le rapport qui relève que 20% des eaux souterraines dans le monde sont déjà surexploitées, et déplore que l'eau continue de ne pas être gérée pour le long terme.
Le rapport insiste sur le rôle des pouvoirs publics pour peser sur les choix stratégiques déterminants pour la pérennité des ressources en eau. Il préconise notamment de limiter la construction et l'utilisation des centrales thermiques qui assurent aujourd'hui 80% de la production d'électricité.
«L'eau et l'assainissement sont essentiels à la réalisation de nombreux objectifs de développement durable. Cela fait déjà l'objet d'un consensus international. Ils sont inextricablement liés au changement climatique, à l'agriculture, la sécurité alimentaire, la santé, l'énergie, l'égalité, au genre et à l'éducation», a déclaré le président de l'ONU-Eau et secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud.
«Face à la hausse constante de la demande et la surexploitation de nos réserves souterraines, nous devons changer notre façon d'évaluer, de gérer et d'utiliser cette ressource qui conditionne notre avenir», a déclaré, de soncôté, la directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.