C'est dans le sillage de cette très réconfortante circonstance de la signature des accords de paix entre factions rivales au Nord du Mali, que le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, recevra aujourd'hui, à son invitation, son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keita.
C'est en fait le dénouement logique de beaucoup d'efforts déployés par la diplomatie algérienne pour créer au sein des forces vives maliennes cette fibre patriotique qui en fait un pays riche de ses différentes composantes sociales et ethniques.
La visite d'Etat du président malien en Algérie est de nature à donner de nouvelles perspectives à la coopération plurielle entre les deux pays, particulièrement dans le domaine économique, car l'Algérie a beaucoup d'arguments pour soutenir le développement du Mali, en particulier les régions nord du pays, et jusque vers la bande frontalière.
Il est un fait que l'Algérie a depuis longtemps affirmé sa volonté de promouvoir un nouveau type de coopération avec ses voisins du Sahel, autant avec le Niger qu'avec le Mali et au-delà vers le Tchad et les pays sahéliens.
Le développement du nord du Mali est un gage de prospérité pour le peuple malien de cette région, mais il permet surtout de créer une vaste zone économique et sociale d'échanges, et, surtout, d'apporter à ces régions progrès et stabilité politique.
Pour l'Algérie et son Président, ce sont là des objectifs auxquels travaillent toutes les bonnes volontés en Afrique, au Sahel comme en Algérie. Car il y va du développement et de son parachèvement dans le vaste continent africain.
La visite de trois jours du président malien sera par ailleurs une autre occasion au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, d'affirmer les liens solides et profonds de l'Algérie avec les pays africains, et, surtout, sa conviction que l'avenir commun des deux pays passe par une rénovation des priorités autant politiques, sécuritaires qu'économiques et sociales.
Certes, il s'agit là d'un vaste programme de coopération, dans le bilatéral ou le multilatéral, que les deux chefs d'Etat vont devoir examiner à Alger.
Le communiqué de la présidence de la République sur cette visite ne laisse pas de doute en réalité sur la profondeur des liens d'amitié entre les deux pays, car il énonce clairement que cette visite s'inscrit «dans une tradition séculaire de liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage entre les peuples algérien et malien», et sera l'occasion pour les deux chefs d'Etat «de se concerter sur plusieurs questions d'intérêt commun, dont celles liées à la paix, la sécurité et la coopération dans la zone sahélo-saharienne, en particulier l'aboutissement de la médiation conduite par l'Algérie pour la restauration de la paix au Nord Mali».
Cette volonté algérienne d'aller toujours de l'avant quand il s'agit d'encourager et de promouvoir les relations de bon voisinage, a été une fois encore réaffirmée par le Président Bouteflika dans son message à l'occasion de la fête de la Victoire.
Dans ce message, il dit ceci : «En ce moment où nous commémorons une grande date de notre Histoire, il n'est pas inutile de nous retremper dans notre présent, car il y a quelques jours seulement, a été paraphé l'Accord de Paix et de Réconciliation au Mali sous l'égide de la médiation internationale conduite par l'Algérie.
Et, de fait, le chef de l'Etat relève que «nous nous félicitons de la conclusion de cet accord qui constitue une étape importante du processus de paix et de rétablissement de la stabilité dans ce pays voisin».
Et, «c'est le lieu, ici, de saluer le haut degré de maturité des frères maliens et leur ferme attachement à mettre fin à la crise qui a failli mettre à mal leur pays par la voie du dialogue et de la réconciliation nationale, dans le plein respect de l'intégrité territoriale, de l'unité nationale du Mali et d'une cohésion renforcée de la société malienne». Un bel hommage du Président Bouteflika à la réconciliation nationale au Mali.