Le Premier ministre tunisien Habib Essid a limogé le chef de la police de Tunis et celui du Bardo après avoir constaté des «lacunes» dans la protection du quartier du musée, cinq jours après l'attentat qui a fait 22 morts, a annoncé lundi le gouvernement tunisien.
«Il a effectué une visite hier soir (dans le quartier du musée) et il y a vu plusieurs lacunes. Il a ainsi décidé de limoger un certain nombre de responsables dont le chef de la police de Tunis et le chef de la police du Bardo», a indiqué Mofdi Mssedi, le chargé de la communication de M. Essid.
Selon lui, le Premier ministre a effectué cette visite dans la nuit et a limogé au cours de ce déplacement les responsables policiers, dont les noms n'ont pas été précisés. Il a immédiatement nommé leurs successeurs. M. Essid, qui a lui-même été ministre de l'Intérieur en 2011 après le soulèvement de 2010/2011, avait déjà admis que l'attaque contre le musée du Bardo avait mis en évidence des défaillances sécuritaires graves.
Les deux tireurs, armés de Kalachnikov, ont attaqué le site qui ne semblait pas bénéficier d'une protection particulière bien qu'il soit situé dans la même enceinte que le Parlement et qu'il s'agisse du musée le plus prestigieux du pays. Vingt touristes étrangers et un policier tunisien ont été tués dans cette attaque revendiquée par l'organisation autoproclamée Etat islamique (EI, Daech).
un soldat tué et quatre blessés dans une embuscade au nord-ouest du pays
Un soldat de l'armée tunisienne a péri et quatre autres ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi dans l'explosion d'une mine terrestre à environ 15 kilomètres de Sakiet Sidi Youssef, une localité de Kef, une province du nord-ouest du pays, a annoncé le ministère tunisien de la Défense.
Selon les premières données, des terroristes déjà retranchés depuis plusieurs semaines dans des hauteurs de cette zone, ont miné une piste auxiliaire fréquemment utilisée par des unités militaires pour ratissage ou transport de soldats.
Selon certains experts tunisiens, cet attentat terroriste aurait été commandité par une cellule terroriste retranchée dans les hauteurs nord-ouest de la Tunisie. Cette embuscade terroriste survient moins d'une semaine après la prise d'otage contre le musée du Bardo à Tunis, qui s'est soldée par 23 morts, dont 20 touristes de différentes nationalités.