Qualifiée comme attaque d’une puissance inouïe, jamais vue dans l’histoire des attaques informatiques contre les institutions françaises, celle qui a visé ces derniers jours la chaîne de télévision internationale de langue française TV5 Monde a de quoi éveiller les craintes non encore apaisées de la France qui a subi, en début d’année l’impact d’horribles attaques terroristes.
Les auteurs de cette attaque qui se sont revendiqués de l’organisation Etat islamique ont pu perforer les systèmes de sécurité informatique de la chaîne de télévision française pour paralyser les capacités de transmission des programmes notamment ceux diffusés en direct.
Pour les experts du site spécialisé Breaking 3.0, cités par le site d’information zdent.fr, les cyber-assaillants ont visé le serveur de transmission et sont parvenus à imposer la situation décrite sur ce même site par la directrice du numérique de cette chaîne de télévision qui a reconnu que «quelque temps après le début de l'attaque, notre système informatique interne est tombé, et nos programmes ont suivi ».
Assistés par des équipes de l’Agence gouvernementale française de sécurité informatique, l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques), les techniciens de la chaîne ont pu recouvrer l’usage des comptes Twitter et Facebook mais ont dû couper les voies de transmission de certains systèmes informatiques internes, pour éviter de nouvelles intrusions informatiques.
Aussitôt, le gouvernement français s’est mobilisé pour dénoncer une attaque d’une ampleur sans précédent ; pour le Premier ministre Manuel Valls, s’exprimant sur son compte Twitter, il s’agit d’une « atteinte inacceptable à la liberté d'information et d'expression ».
Descendu sur place, au siège de TV5Monde, le ministre de l’Intérieur a promis une enquête rapide ainsi que de nouvelles mesures pour consolider la sécurité des systèmes informatiques notamment par un renforcement du potentiel humain.
De son côté, la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, a réitéré sa disponibilité à aider les médias à mieux sécuriser leurs systèmes informatiques, promettant de réunir « très prochainement, cet après-midi ou demain, l’ensemble des dirigeants de grands médias audiovisuels et même peut-être de presse écrite », souligne zdnet.fr qui ajoute que sa démarche vise à « assurer des points de vulnérabilité ou de risque qui peuvent exister et de la manière de les traiter au mieux».
Le choix de cette chaîne par les auteurs de l’attaque n’est pas fortuit dans la mesure où elle est captée par près de 250 millions de téléspectateurs francophones, ce qui en fait un véritable fleuron du rayonnement culturel de la France.
L’expert en sécurité informatique Gérôme Billois, cité par le site du quotidien économique français lesechos.fr voit qu’il s’agit d’une «action coordonnée et préméditée » et qu’« on ne peut pas faire tomber ces canaux simultanément sans être très bien préparé».
De son côté le ministre de l’Intérieur français penche plutôt vers la piste ‘’terroriste’’ sans donner plus de précisions ni se prononcer sur les origines ou auteurs de l’attaque de manière générale, le gouvernement français, promptement mobilisé à cette occasion, en appelle à la vigilance estimant encore possibles d’autres attaques, et jouant surtout sur le contexte de vigilance imposé par les douloureux événements terroristes du début de l’année.