Des médecins spécialistes, microbiologistes et pharmaciens ont plaidé, jeudi à Oran, pour une formation plus pointue des médecins pour parer à la prescription excessive d’antibiotiques.
Une formation plus pointue des médecins est nécessaire pour maitriser la prescription excessive d’antibiotiques qui a conduit à une résistance plus accrue à ces médicaments, a-t-on souligné lors d’une journée thématique sur l’utilisation d’antibiotiques, organisée par le comité d’antibiotiques de l’Etablissement hospitalier universitaire (EHU) «1er novembre» d’Oran.
Mme Laghouati Nadia, pharmacienne à la pharmacie centrale de l’EHU a fait remarquer que la consommation des antibiotiques est excessive au sein des services de cet établissement, à l’exemple du service de gynécologie.
Dr Dali Yahia Radia du service de bactériologie de l’EHU d’Oran a indiqué, dans son intervention, que le personnel de l’hôpital n’est pas suffisamment sensible à cette question de prescription excessive d’antibiotiques, soulignant qu'«après les bactéries résistantes (BR), nous sommes actuellement confrontés aux bactéries multi-résistantes (BMR) et même hautement résistantes (BHR), d’où la nécessité d’une prise de conscience rapide de la part du personnel de la santé».
«L’émergence et la propagation de germes pathogènes résistant aux médicaments s’est accélérée. Des médicaments essentiels deviennent de plus en plus inefficaces et posent un problème de santé publique, voire même une préoccupation mondiale», a-t-elle ajouté.
Pour la spécialiste, «il est primordial d’élaborer des mesures pour encourager une utilisation appropriée et économiquement rationnelle de ces médicaments, et de là réduire le coût de la santé publique», citant plusieurs facteurs concourrant à cette résistance, dont le manque de moyens de diagnostic, la pénurie de certains médicaments et le non respect des mesures d’hygiène dans les hôpitaux.
A ce titre, le directeur général de l’EHU d’Oran, Mohamed Mansouri a annoncé la création d’un service de bio-nettoyage pour éviter tout risque de maladies nosocomiales, mettant en exergue le travail effectué dans ce sens par son staff.
Confiée auparavant aux femmes de ménages, cette tâche incombe actuellement à ce service fraichement créé, doté de moyens et produits les plus efficaces, a-t-il souligné.
Toutefois, un travail important reste à faire au niveau de la sensibilisation du personnel. Un travail qui incombe aux chefs des services. «Eux seuls responsables du strict respect des règles d’hygiène dans leurs services», a-t-il ajouté.