Haïti : Des logements reconstruits sous le principe de copropriété

Publié par DK News le 18-04-2015, 16h39 | 39

L'Etat haïtien a inauguré vendredi, dans un quartier détruit par le séisme de 2010, vingt-cinq logements bâtis sous le principe de la copropriété, une nouveauté dans le pays le plus densément peuplé des Caraïbes.

Pour le président Michel Martelly, la reconstruction du quartier de Morne Lazarre est un modèle à suivre pour réduire le morcellement foncier et la transformation en bidonville de Port-au-Prince. Ce projet, financé par l'Etat haïtien et la Croix rouge américaine, a coûté plus de 900.000 dollars.
«Chacun avec votre petite parcelle, vous ne pouviez rien faire», a expliqué le chef de l'Etat aux habitants de ce quartier situé au coeur de la capitale.

«Car vous vous êtes réunis, maintenant tout le monde vit bien». La gestion foncière en Haïti est problématique car le cadastre n'est pas à jour et le décret d'application de la loi sur la copropriété, datant de 1984, n'a été signé qu'en décembre 2011.

Après le séisme de 2010, Catherine Alouna Losty a vécu plus de cinq ans dans un abri précaire, avec ses deux petits-enfants. «On dormait mal, l'eau de pluie coulait à travers les tôles», a-t-elle raconté.

Cette femme, qui habite le quartier depuis 33 ans, a reçu vendredi les clés de sa nouvelle maison des mains du président. «Je suis très heureuse. Regardez: j'ai deux belles chambres, une cuisine, des toilettes hygiéniques», a-t-elle expliqué dans son domicile aux murs fraichement peints en vert et blanc.

Dans la maison voisine, Fanfan Fesnel craint d'être à l'étroit avec ses trois enfants. Mais il reconnait l'avantage de la copropriété: « seul, je n'aurais jamais pu reconstruire une maison qui résiste aux séismes. Et je peux tranquillement laisser mes garçons jouer sur la petite place, c'est propre et sûr».
Fier, l'homme rêve de voir ce modèle se répéter dans la ville.

Depuis son nouveau balcon, il regarde la montagne voisine, envahie par des milliers de constructions informelles. «Je souhaite que tous ceux qui vivent dans de mauvaises conditions soient relogés comme nous».

Face aux problèmes fonciers, le relogement des sinistrés du séisme de 2010 s'effectue lentement. Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), près de 65.000 sinistrés vivent encore dans des camps de fortune.