Les partis «planchent» sur le projet de révision de la constitution - Louisa Hanoune (PT) : Il est temps pour l’officialisation de tamazight

Publié par DK News le 18-04-2015, 19h00 | 59

La secrétaire générale du parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a estimé, samedi à Tizi Ouzou, qu’il était temps de promouvoir tamazight au statut de langue officielle dans le cadre du projet de la révision de la Constitution.

«La révision de la Constitution devrait être une occasion pour marquer un tournant démocratique à travers l’officialisation de Tamazight. Il est plus que jamais temps de répondre favorablement à cette revendication commune de plusieurs partis de différents courants politiques», a-t-elle souligné, lors d’un meeting populaire tenu à la maison de la culture Mouloud Mammeri, à l’occasion de la célébration du 35e anniversaire du printemps amazigh (20 avril 1980).

«L’Etat algérien est appelé à faire preuve d’audace pour couronner les avancées réalisées, jusque-là, par cette langue à travers sa promotion en langue officielle», a martelé Mme Hanoune, rappelant que des étapes «importantes» ont été franchies, en l’espace de 35 ans, dans la reconnaissance de tamazight, notamment sa constitutionnalisation, en 2002, comme langue nationale.

La prise en charge de cette revendication identitaire nécessite, a-t-elle ajouté, la conjugaison de «tous les efforts au-delà des appartenances et des positions politiques des uns et des autres», et l’officialisation de Tamazight constitue, a soutenu Mme Hanoune, une «question de sauvegarde nationale».

Cette démarche «ne doit pas se faire dans l’exclusion en permettant l’émergence d’une variante de Tamazight au détriment des autres parlers, ce qui risque de créer des divisons», a-t-elle mis en garde.

Mme Hanoune a, à cette occasion, réitéré la revendication de son parti pour la mise sur pied d’un «secrétariat d’Etat doté d’une subvention conséquente, chargé de la promotion de Tamazight»,  à travers la formation d’enseignants, de chercheurs et de traducteurs, afin que l’utilisation de cette langue devienne officielle dans les tribunaux et les administrations publiques.

La promotion de cette langue nécessite également, a-t-elle ajouté, sa généralisation à toutes les communes du pays, l’obligation de son enseignement et la recherche scientifique, notamment pour les besoins de sa standardisation.

Mme Hanoune a estimé que les étapes fondamentales qui ont marqué l’histoire de l’Algérie, dont la Guerre de libération nationale, le printemps amazigh, les événements d’octobre 1988 et la victoire contre le terrorisme, ont donné une «immunité partielle» au pays contre «le chaos d’un prétendu printemps arabe».

Toutefois, elle a relevé  qu’il existait encore «énormément de fragilités dans notre pays, qui le rendent vulnérable, d’où l’urgence de prendre en charge toutes les aspirations démocratiques politiques, culturelles et sociales pour renforcer le front interne et faire face à ces menaces».

Mme Hanoune a salué la position «honorable» de l’Algérie de ne pas intervenir dans les conflits, son refus de s’ingérer dans les affaires internes des pays et son respect de la souveraineté des Etats.

S’agissant de la question du consensus national, elle a estimé que celui-ci «devait émaner du peuple», qui a toujours assumé, selon elle, ses responsabilités durant les situations difficiles pour éviter au pays de sombrer dans le chaos.

«C’est à la commission chargée de l'élaboration de l'avant-projet de loi portant révision constitutionnelle d’écouter les doléances des citoyens pour faire ressortir les dénominateurs communs à tous les Algériens afin de construire un véritable consensus national», a-t-elle affirmé.

Selon Mme Hanoune, «chercher à fabriquer un consensus entre des partis politiques dont la nature, les programmes et les visions sont différents et parfois diamétralement opposés, ne sert à rien».