La Commission européenne a exclu vendredi la possibilité de parvenir à un accord lors de la réunion de l'Eurogroupe à Riga sur la Grèce en raison d'absence de progrès dans les «négociations techniques», alors que pour le ministre grec des Finances, les «désaccords actuels» «ne sont pas insurmontables».
«Les progrès dans les négociations techniques ne sont pas suffisants pour parvenir à un accord durant cet Eurogroupe à Riga», a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission en charge de l'Euro.
«Les discussions techniques doivent donc se poursuivre», a-t-il ajouté, à son arrivée à la réunion.
«Du point de vue de la Commission, c'est de loin la meilleure option pour en finir avec le programme d'aide actuel, il est important que chaque partie respecte ses engagements, y compris la Grèce», a indiqué M. Dombrovskis.
Plusieurs responsables européens avaient laissé entendre que cette réunion n'aboutirait pas à un accord pour la Grèce, comme le pays l'espérait, ce qui reporte l'espoir sur la prochaine réunion de l'Eurogroupe prévue le 11 mai, à la veille d'un remboursement important d'Athènes au Fonds monétaire international (FMI).
Les responsables européens mettent de plus en plus en avant l'idée que la seule date importante est désormais fin juin, quand le deuxième programme d'assistance financière pour la Grèce prendra fin. «C'est la date butoir», a souligné vendredi le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir.
«Une forme d'assistance» sera ensuite nécessaire car la Grèce ne peut pas revenir sur les marchés, ont confié plusieurs sources européennes, ce qui signifie qu'une nouvelle aide va devoir être négociée entre Athènes et ses créanciers. Les discussions sur ce point n'ont pas commencé, selon ces mêmes sources, face au retard pris avec les discussions sur les réformes.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, affirme vendredi dans un article sur son blog que les «désaccords actuels» de la Grèce avec ses créanciers UE et FMI sur l'agenda de réformes du pays «ne sont pas insurmontables».
«Notre gouvernement est prêt à rationaliser le système de retraites (par exemple en limitant les pré-retraites), à mener des privatisations partielles, à s'attaquer à la question des prêts non remboursés des banques, qui entravent le circuit économique, à créer une commission fiscale indépendante et à soutenir l'entrepreneuriat», détaille-t-il.
Mardi, Yanis Varoufakis a plaidé pour des compromis respectifs d'Athènes et ses créanciers: «De notre côté, nous devons reconnaître les erreurs que nous ne voulions pas, peut-être, admettre, et laisser derrière nous les idéologies qui nous paralysent, et de même pour eux (les créanciers de le Grèce)».
Les points de convergence avec les créanciers UE et FMI existent cependant, note le ministre, citant la réforme du système fiscal et autonomie de l'autorité de collecte des impôts, modernisation de la fonction publique, allocation plus efficace des ressources publiques et simplification de la création d'entreprise.