Les nombreux naufrages d'immigrants clandestins enregistrés dernièrement en Méditerranée dévoilent, on ne peut plus, les déficiences de la politique prônée par l'Europe envers l'Afrique.
Une politique faite d'injonctions et d'immixtions directes ou indirectes ayant fini par déstabiliser l'Afrique, ce qui explique ce flux d'immigrants clandestins.
Une politique dont les conséquences sont également néfastes pour l'Europe qui doit assumer la responsabilité des drames qui se produisent en Méditerranée, à l'exemple du naufrage au large près de l'Italie d'un chalutier qui a fait plus de 700 morts dimanche dernier.
Des embarcations d'immigrés clandestins de différentes nationalités africaines accostent presque quotidiennement dans les villes du Sud de l'Europe, notamment en Italie et en Grèce. L'amélioration des conditions climatiques, avec une mer plutôt calme, a encouragé les nombreux migrants à s'aventurer et tenter de traverser, au péril de leur vie, la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune.
Du fait des drames et tragédies qui se produisent après chaque tentative d'immigration, les dirigeants européens ont tiré la sonnette d'alarme en s'attaquant aux conséquences de ce phénomène, reléguant au second plan les causes ayant amené des milliers d'Africains de tenter des traversées risquées pour ne pas dire suicidaires.
Il faut relever que l'instabilité dans plusieurs pays africains, notamment en Libye qui reste un pays de transit suite à la chute du régime de Mouamar El Gueddafi, a encouragé les populations de l'Afrique subsaharienne à tenter des traversées vers l'Europe.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, les dirigeants européens évoquent des solutions à même de s'attaquer aux conséquences de ce phénomène, recommandant entre autres la, destruction des embarcations transportant les migrants africains. Il s'agit pour eux de prendre des mesures pour «identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants».
Ainsi, des opérations militaires contre les trafiquants sont recommandées par les dirigeants européens. Or, c'est l'Europe qui a dévoré et tiré profit des richesses l'Afrique, jetant ainsi les populations du continent noir dans la misère et la précarité.Les nombreux migrants africains qui fuient la misère dans leurs pays respectifs, devraient être traités humainement et considérés comme étant des déplacés et refugiés.
Mais, il se trouve que les Européens se disent disposés à mobilisés des budgets colossaux afin de «sécuriser» leurs frontières et les rendre hermétiques, alors que l'argent mobilisés à cet effet aurait pu servir à des aides aux investissements dans les pays africains, lesquels connaissent des flux migratoires et des déplacements effrayants.
En ce sens, l'Europe ne prend pas en compte la détresse des migrants africains. Elle est beaucoup plus préoccupée par l'endiguement des arrivées sur ses territoires.