Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a envoyé un émissaire spécial pour la région des Grands Lacs, Said Djinnit, au Burundi à la suite des troubles pré-électoraux dans le pays, a annoncé mardi l'ONU.
M. Djinnit aura "des consultations avec le président Nkurunziza et d'autres autorités gouvernementales, les dirigeants de partis politiques et les membres de la communauté diplomatique", indique un communiqué de l'ONU.M. Ban "condamne la vague de violence au Burundi" suite à la nomination du président Pierre Nkurunziza comme candidat à un troisième mandat. Il "demande aux autorités burundaises de mener une enquête immédiate sur les décès survenus au cours des récentes manifestations, afin que les responsables rendent des comptes".
Toujours selon le communiqué de son porte-parole, M. Ban "invite les autorités burundaises à faire respecter les droits de l'Homme de tous les Burundais, y compris la liberté de réunion, d'association et d'expression".
Il demande également aux services de sécurité "de rester impartiaux et de faire preuve de retenue face aux manifestations publiques" et exhorte "toutes les parties à rejeter la violence" et à éviter de faire monter la tension.
M. Ban exhorte enfin les Burundais "à régler leurs différends par le dialogue" et il réitère "l'engagement de l'ONU à soutenir des élections pacifiques, crédibles et inclusives", conclut le communiqué.
Selon des diplomates, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait avoir des consultations cette semaine sur la crise au Burundi. Une délégation du Conseil s'était rendue au Burundi en mars dans le cadre d'une tournée africaine.
L'union Africaine appelle les autorités à la retenue
La présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA), Nkosazana Dlamini Zuma, a appelé les autorités burundaises à " montrer la plus grande retenue et de protéger la population" dans la gestion des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à l'élection présidentielle.
"La présidente exhorte les protestataires à mener leurs manifestations de manière pacifique et ordonnée, dans le respect des lois du Burundi.
Elle demande aux acteurs politiques burundais d'utiliser les voies appropriées pour chercher réparation à leurs doléances, notamment les litiges par rapport aux élections prévues de mai à août 2015", selon un communiqué de l'UA.Mme Zuma, selon la même source, suit très attentivement l'évolution de la situation au Burundi, particulièrement depuis la désignation du président
Nkurunziza comme candidat à l'élection présidentielle, lors d'un congrès du parti au pouvoir le CNDD-FDD, samedi dernier.
Par ailleurs, elle a réitéré l'appel qu'elle avait fait le 25 mars dernier, lors de sa visite de travail au Burundi, à toutes les parties prenantes, pour qu'elles respectent l'Accord de paix d'Arusha, la Constitution et la loi électorale.La présidente de la Commission de l'UA s'est dite "préoccupée par le fait que des morts aient été signalées au cours des manifestations".
"Chaque partie prenante au processus électoral burundais de 2015, est vivement invité à la préservation de la paix chèrement acquise au Burundi, à la consolidation de la réconciliation, au respect des droits de l'homme et à la promotion de la prospérité partagée", a-t-elle insisté.
Le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé auparavant le gouvernement et l'opposition au Burundi à "s'abstenir de tous actes de violence et d'intimidation avant, pendant et après les élections" prévues en mai et juin.
Depuis dimanche, le lendemain du congrès du CNDD-FDD, des partis d'opposition et des organisations de la société civile ont organisé des manifestations, estimant que M. Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, n'a pas le droit à un troisième mandat. Les partisans du président Nkurunziza prétendent toutefois que ce dernier peut participer au prochain scrutin car il a été élu au suffrage universel direct seulement une fois, soit lors de l'élection de 2010. Aux termes de l'Accord d'Arusha, le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.