Iran: Nouvelles discussions mardi à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances

Publié par DK News le 16-02-2014, 16h27 | 26

L'Iran et les grandes puissances vont entamer mardi à Vienne de nouvelles discussions afin de tenter d'assainir la situation sur le programme nucléaire controversé de Téhéran. Ce rendez vous, le premier d'une série de rencontres, dont le calendrier et le cadre reste à fixer, durera trois jours.

La délégation iranienne sera conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif qui fera face à des diplomates de haut rang des pays membres du conseil de sécurité des Nations Unies (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France) plus l'Allemagne [Ndlr: le groupe des 5+1], et notamment la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. «La plus grande difficulté vient de l'absence de confiance» envers les Etats-Unis, a récemment déclaré M. Zarif, après que Washington eut rendu public sa liste noire de personnes ou entités soupçonnées de contourner les sanctions contre la république islamique. 

En outre, les récentes déclarations du secrétaire d'Etat américain John Kerry sur des options militaires «prêtes et préparées» si Téhéran ne respectait pas l'accord de Genève ont contribué à refroidir les plus obtimistes. Le 24 novembre 2013 à Genève, l'Iran avait conclu avec le groupe des 5+1 un accord intérimaire sur six mois prévoyant un gel de certaines activités nucléaires sensibles en l'échange de la levée partielle des sanctions qui étranglent son économie.
En effet, Téhéran avait, entre autre, suspendu l'enrichissement d'uranium à 20%, étape importante vers un niveau militaire (90%). Chacune délégation abordera avec prudence ces négociations, susceptibles de mettre fin à un bras de fer de plus de dix ans entre l'Iran et la communauté internationale, selon les observateurs qui affirment que si la republique islamique veut obtenir la levée de l'ensemble des sanctions internationales, elle devra probablement fermer son site d'enrichissement de Fordo (enfoui sous une montagne), réduire le nombre de ses centrifugeuses (qui servent à enrichir l'uranium), et enterrer définitivement son projet de réacteur à eau lourde d'Arak, dont il pourrait tirer du plutonium utilisable dans une bombe.
La tâche des deux délégations est d'autant plus compliquée par les pressions permanentes des opposants à tout compromis, à Washington, à Téhéran et en Israël (seule puissance nucléaire du Moyen-Orient).
«(...) Chaque partie devra satisfaire des durs en dehors de la pièce des négociations», avait indiqué Richard Dalton, l'ancien ambassadeur britannique à Téhéran, désormais membre du think-tank Chatham House, cité pare l'AFP. Un accord «global» ne sera certainement pas trouvé mardi, à cette première rencontre, mais l'essentiel est d'aller trouver des compromis permettant à l'Iran de poursuivre certaines activités nucléaires y compris un enrichissement d'uranium tout en s'assurant que cette technologie ne sera pas détournée à des fins militaires, élément que les inspections fréquentes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) empêcheraient en entravant considérablement la capacité de l'Iran à se constituer un arsenal nucléaire, selon les experts.