Le formation d'un nouveau gouvernement au Liban a été saluée dimanche par la communauté internationale comme une étape importante pour la stabilité du pays, après un blocage de près d'un an entre les blocs politiques rivaux, exacerbé par le conflit en Syrie voisine.
Le nouveau gouvernement dirigé par Tammam Salam a été annoncé samedi à la suite d'un compromis arraché après des mois de négociations ardues entre les différentes formations politiques.«C'est un gouvernement rassembleur et c'est la meilleure formule pour permettre au Liban de faire face aux défis», a déclaré M. Tammam juste après l'annonce de la liste des membres du gouvernement. Réagissant à cette annonce, l'ancien Premier ministre Saad Hariri à la tête la coalition dite du «14-mars» a souhaité que le nouveau gouvernement réussisse dans sa mission dans cette période capitale pour l'avenir du pays.
Etape importante pour la stabilité du pays
La formation d'un nouveau gouvernement au Liban a été saluée à l'échelle régionale et internationale comme une étape importante pour la stabilisation du pays, longtemps marqué par des rivalités internes. Les Etats-Unis ont exprimé leur espoir que le nouvel exécutif au Liban réponde aux besoins du pays dans un contexte de violence régionale croissante.
«Il y a longtemps que nous disons que le peuple libanais mérite un gouvernement qui réponde à ses besoins et protège ses intérêts», a indiqué le secrétaire d'Etat américain John Kerry dans un communiqué. Pour le chef de la diplomatie américaine, c'est «une importante première étape dans la résolution de l'incertitude politique qui entrave le Liban depuis quelques années».
Les Etats-Unis réitèrent «leur ferme engagement pour la souveraineté, la sécurité et la stabilité du Liban», a-t-il souligné, appelant le nouveau cabinet à maintenir la politique de séparation du conflit syrien et des autres conflits de la région, qui est «la meilleure manière d'assurer la stabilité et la sécurité du Liban». De son côté, le Royaume-Uni par la voix de son chef de la diplomatie, William Hague a mis en exergue sa volonté de travailler avec le nouveau Premier ministre libanais, Tammam Salam et son gouvernement qui, a-t-il dit, fait face à des défis importants.
La France a, quant à elle, appelé la communauté internationale à aider le Liban à faire face aux «multiples défis» qu'il affronte. «Il est important que la communauté internationale lui prête assistance. C'est le sens du Groupe international de soutien au Liban qui se réunira prochainement à Paris», a déclaré le président français François Hollande dans un communiqué de l'Elysée.
M. Hollande a souhaité que «le même esprit de responsabilité prévale dans la perspective des prochaines échéances constitutionnelles au Liban, s'agissant notamment de l'élection présidentielle». Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a encouragé dans un communiqué les dirigeants politiques libanais à «s'appuyer sur les contacts constructifs qui ont conduit à la formation du nouveau gouvernement pour s'assurer que la prochaine élection présidentielle se déroule bien selon le calendrier établi par la loi».
«Etant donné la gravité des défis sécuritaires, humanitaires et économiques auxquels est confronté le Liban, le secrétaire général souligne qu'il est important que le gouvernement soit en mesure d'agir de manière efficace et sans retard pour répondre à ces défis avec le plein soutien de toutes les parties», a fait remarquer le communiqué.
Préserver les équilibres politiques
Le nouveau gouvernement qui a vu le jour grâce à un compromis arraché après des mois de négociations, se veut être équilibré en incorporant les différentes blocs politiques du pays qui benéficient ainsi d'un nombre plus ou moins égal de portefeuilles.
Le cabinet, composé de 24 ministres, accorde huit portefeuilles au Hezbollah et ses alliés, dont celui des Affaires étrangères, huit à la coalition du 14-mars de M. Hariri, dont celui l'Intérieur, et huit à des ministres proches du président Michel Sleimane, considéré comme neutre, et du leader druze Walid Joumblatt, considéré comme centriste.
La formation du gouvernement bloquait sur les portefeuilles sensibles des Affaires étrangères et de l'Intérieur mais aussi sur des ministères impliquant de gros contrats comme l'Energie et les Travaux. Mais au-delà des ministères, c'est la division politique profonde qui entravait le processus.
Ce nouveau gouvernement se veut ainsi être un moyen de réunir les différents courants politiques et mettre fin aux rivalités internes exacerbées par le conflit en Syrie voisine qui divise profondément le pays.
Le Liban a été secoué par une série d'attentats ces derniers mois, en particulier dans les fiefs du Hezbollah.
La tâche s'annonce ainsi ardue pour le nouveau Premier ministre qui doit réinstaurer la sécurité dans le pays et préparer les prochaines échéances électorales.