Essais nucléaires au Sahara :La France mettra en place des mécanismes d’information pour indemniser les victimes

Publié par DK News le 17-02-2014, 20h20 | 49

L’ambassadeur de France en Algérie, André Parant, a indiqué, lundi à Oran, que son pays mettra en place des «mécanismes pour améliorer l’information et aider les Algériens victimes des essais nucléaires à constituer leurs dossiers de demande d’indemnisations».

Au cours d’un point de presse animé à la chambre de commerce et de l’industrie de l’Oranie, le diplomate français a indiqué que ses services n’ont enregistré que «quelques demandes d’indemnisation» présentées par des citoyens algériens. «Ceci s’explique vraisemblablement par un manque d’information et une mauvaise compréhension de la loi Morin de 2010 portant indemnisation des victimes des essais nucléaires français effectués dans les années 1960 au Sahara et au Pacifique», a-t-il ajouté.

M. Parant a rappelé que la loi Morin ne fait pas de discrimination entre les victimes. «Elle définit les critères d’indemnisation des victimes potentielles et avérées et dresse une liste des maladies causées par la radioactivité et les rayonnements nocifs», a-t-il précisé.

Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbés, avait déclaré samedi que le dossier de l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français en Algérie «n'est pas clos et dépasse le cadre des personnes, car il s'agit aussi de définir les mécanismes de prise en charge de l'environnement pollué et classé comme zone interdite aux personnes».

Le ministre avait estimé que le «débat actuel» doit se focaliser sur la recherche de «mécanismes et procédures qui permettront aux deux pays de s'entendre sur l'indemnisation que la France doit à l'Algérie».
Par ailleurs et au sujet des visas, l’ambassadeur de France a relevé «une nette amélioration» dans l’octroi de ce document, expliquant que le nombre de visas délivrés pour les trois consulats d’Alger, d’Oran, et de Annaba,  a été multiplié par deux depuis cinq ans, passant de 120.000 à 210.000 visas en 2013.
«Ces efforts seront poursuivis», a-t-il ajouté, annonçant, pour la région Ouest du pays, l’externalisation des demandes de visas, à travers l’ouverture prochaine à Oran, d’un centre spécialisé, à l’instar de ceux d’Alger et d’Annaba.

Le diplomate français, en visite de deux jours à Oran et à Sidi Bel-Abbès, a eu une séance de travail avec le wali d’Oran. « Nous avons fait part de l’intérêt que portent les entreprises françaises pour certains grands projets initiés à Oran, comme la réhabilitation du vieux bâti, l’extension des lignes du tramway d’Oran et le projet du métro», a-t-il indiqué, en soulignant l’excellence des relations bilatérales et les relations économiques denses entre les deux pays.