Le président tunisien, Béji Caid Essebsi, a affirmé mercredi à Washington que l'expérience de la transition démocratique en Tunisie, semée d'embûches et qui risquait de s'enliser durant certaines étapes, demeure l'expérience la plus réussie dans les pays ayant connu des révoltes (printemps arabe).
«Grâce au consensus, il a été possible de dépasser la polarisation politique qui a marqué l'étape de l'élaboration de la Constitution entre islamistes et laïcs pour parvenir à la rédaction d'une Constitution pionnière à caractère civil», a souligné M. Essebsi, cité par l'agence TAP.
«Ceci, outre la mise en place des institutions de la deuxième République à travers des élections législatives et présidentielle transparentes et la formation d'un gouvernement représentant une grande partie de la classe politique», a-t-il ajouté, au cours de sa visite officielle de deux jours aux Etats-Unis d'Amérique.
S'exprimant à l'Institut américain pour la paix devant un parterre d'universitaires, de penseurs et de responsables dans le gouvernement américain, M. Essebsi a affirmé que «le même processus consensuel a permis, après les législatives et la présidentielle, la désignation d'un chef de gouvernement en dehors du parti vainqueur des élections avec la participation du mouvement Ennahdha.»
Il a, toutefois, signalé que l'absence des opportunités d'emploi et les disparités de développement entre les villes côtières et les régions intérieures, principaux facteurs ayant permis le déclenchement de la révolution en 2010, perdurent toujours.
«Les gouvernements successifs n'ont pas réussi à résoudre ces questions», a-t-il dit, précisant que «la régression de l'économie ces dernières années résulte des difficultés inhérentes à l'étape de transition.»
Abordant la question du terrorisme, M. Essebsi a estimé que la lutte contre ce phénomène international est tributaire d'«une volonté politique régionale et internationale sérieuse.»
«La Tunisie compte aller de l'avant pour améliorer le potentiel de ses forces armées, développer les mécanismes des renseignements, sécuriser ses frontières et promouvoir la coopération régionale et internationale dans ce domaine», a dit le président tunisien.
Evoquant la situation en Libye, le chef d'Etat tunisien a affirmé que la stabilité dans ce pays est devenue une question persistante pour la Tunisie, soulignant que «la Tunisie ne ménagera aucun effort pour aider à trouver une sortie politique à la crise dans ce pays de manière favorisant les facteurs de stabilité dans toute la région.»