Tous les yeux seront braqués à partir de samedi prochain, 28 mai, sur les péripéties, qui s'annoncent rudes et heurtées, du 10e congrès du parti du FLN. Partisans et adversaires de l'actuelle direction d'El Djebha, seront en fait les principaux protagonistes d'un congrès qui devrait ouvrir la voie à un nouveau FLN.
Un parti qui véhicule toujours les vertus de Novembre 1954, mais avec un lifting qui s'adapte au moment, aux contingences politiques et économico-sociales internes, que par rapport aux défis actuels dans le monde. C'est dire que ce congrès, s'annonce indécis, palpitant pour les analystes de la scène politique nationale, mais combien important pour l'avenir du pays. Oui, l'avenir du pays, sinon une grande partie de l'activité politique et donc les grands centres de décision, dépendent de la bonne ou mauvaise santé du FLN.
C'est une loi politique en Algérie: rien ne se fait, même avec un FLN affaibli par les dissensions et les clivages internes animés par des questions de leadership, sans consulter le parti majoritaire aux dernières législatives. Bon an mal an, le FLN reste le FLN: alourdi par le poids des antagonismes internes, par des visions souvent étriquées de quelques majors du parti, le FLN n'en est pas moins une des balises de la politique algérienne, un phare économique et une sentinelle qui veille sur les intérêts de l'Algérie, la Révolution de Novembre et la mémoire des Martyrs de la guerre de libération nationale.
Maintenant que les militants du parti en viennent à prendre position sur telle ou telle tendance, telle ou telle vision ou stratégie, cela est tout à fait normal, logique et qui se déroule sous tous les cieux. A côté de nous, au Maroc et en Tunisie, des guerres de tranchées ont été menées au sein des principaux partis, dont l'Istiqlal et l'USFP au Maroc, pour une question de changement de direction.
En Tunisie pareil, alors que l'exemple le plus frappant est celui de la France, où aucun des deux principaux partis français n'a réussi à imposer un leader qu'après d'âpres combats politiques, des batailles qui avaient même révolté les milieux politiques dans l'Hexagone. Il ne s'agit pas ici de tenter de trouver des similitude dans le fonctionnement des partis entre le FLN et les grandes formations politiques en France et dans les pays voisins, mais montrer simplement le fait qu'un parti qui fonctionne sans opposition interne, sans sang nouveau, sans une direction qui doit s'imposer et montrer la voie à prendre aux militants, n'est qu'une relique politique.
Le FLN, toujours la plus importante force politique du pays avec le plus grand nombre de militants, ne peut échapper, lui aussi, à des frictions conjoncturelles, à des guerres intestines, qui en fait en font sa grandeur, et celle de ses militants et cadres.