Tchad: Déby demande une intervention conséquente de l'ONU en Centrafrique

Publié par DK News le 19-02-2014, 16h53 | 20

 Le Président Tchadien Idriss Déby qui a reçu La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza à N'Djamena, a appelé mardi les Nations unies à fournir «les moyens nécessaires» à une sortie de crise en Centrafrique, lors d'une conférence de presse.

Arguant que les forces française et de l'Union africaine, «quelle que soit leur volonté, ne pourront pas remplir correctement la mission» faute d'effectifs, le président tchadien en a appelé à l'ONU pour un retour à la paix en Centrafrique, toujours en proie à des violences intercommunautaires. «Il faudra plus des hommes, plus des moyens (...)

Et quelle est l'institution qui a les moyens nécessaires pour gérer ce genre de situation ? C'est les Nations Unies. Donc, il ne faut pas tergiverser, il faut aller vers les Nations Unies pour avoir les moyens nécessaires pour tirer la RCA vers la sortie de chaos actuel», a martelé le président.

M. Déby a également engagé le gouvernement centrafricain à «négocier» avec l'ex-rébellion Séléka en débandade en Centrafrique. «Il faudra prendre contact avec les éléments de la Séléka qui sont repartis dans leur région au Nord», a déclaré le président, appelant à ne pas aller combattre les ex-rebelles, qui avaient porté Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, avant sa démission forcée en janvier.

Après le départ de M. Djotodia du pouvoir, la majeure partie des ex-rebelles ont quitté la capitale centrafricaine pour le nord du pays notamment. La France avait déployé début décembre 1.600 hommes en Centrafrique, mais ce contingent limité, qui agit officiellement en soutien des 6.000 hommes de la Misca, n'a pas permis de faire cesser les violences.

La France a annoncé l'envoi de 400 soldats supplémentaires et l'Union européenne envisage de doubler les effectifs d'Eufor-RCA, pour les faire passer de 500 à 1.000 hommes. A terme, l'ONU envisage de déclencher une véritable opération de maintien de la paix, avec près de 10.000 Casques bleus, mais il faudra obtenir le feu vert de l'Union africaine, et une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. 

Après le départ du président Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Séléka menés par les soldats français de l'opération Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages. Depuis, la Centrafrique vit au rythme de représailles et de contre représailles que les forces internationales ont beaucoup de mal à juguler.