Repères de sites archéologiques détruits par les groupes terroristes

Publié par DK News le 23-05-2015, 17h58 | 54

La chute jeudi de la ville antique de Todmor (Palmyre) dans le désert de Syrie aux mains des terroristes du groupe autoproclamé «Etat islamique» (EI/Daech) relance le débat sur la necessité d'une action internationale pour la sauvegarde et la protection des sites antiques et des biens culturels mondiaux à l'instar de vestiges archéologique détruis en Irak, en Syrie, en Libye, au Mali et en Afghanistan.

Une rétrospéctive historique permet de se rappeler qu'en Irak, le groupe EI avait détruit plusieurs statues et objets de valeurs dans des cités antiques. Le groupe, qui contrôle de larges pans de territoire dans le nord irakien et désormais la moitié du territoire de la Syrie avec la prise de Palmyre, s'est livré à «un nettoyage culturel» en rasant une partie des vestiges de la Mésopotamie antique, selon l'ONU, ou en revendant des pièces au marché noir.

Une vidéo diffusée fin février a montré des membres de l'EI saccager des trésors pré-islamiques dans le musée de Mossoul, 2e ville d'Irak prise aux premiers jours de leur offensive, début juin 2014.
Selon des responsables des antiquités, quelques 90 oeuvres ont été détruites ou endommagées.

Les terroristes, qui ont aussi mis le feu à la bibliothèque de la ville, avaient dynamité en juillet 2014 devant la foule la tombe du prophète (Nabi) Younès. Une vidéo diffusée en avril a montré les éléments de ce groupe détruire à coups de bulldozers, de pioches et d'explosifs le site archéologique irakien de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle. Ils s'en sont aussi pris à Hatra, cité de la période romaine vieille de plus de 2.000 ans, située dans la province de Ninive (nord).

Trésors archéologiques détruits en Libye et au Mali

En Libye, plusieurs mausolées ont été détruits par des extrémistes à coups de pelleteuse ou d'explosifs à travers le pays depuis 2011. En 2012, des dizaines d'extrémistes ont fait exploser le mausolée du cheikh Abdessalem Al-Asmar, un théologien soufi du XVIe siècle, à Zliten (ouest), le plus important en Libye. Une bibliothèque et une université au nom du cheikh ont été la cible d'actes de destruction et de pillage. A Misrata, le mausolée du cheikh Ahmed al-Zarrouk a été détruit.

En 2013, une attaque à l'explosif a visé un mausolée à Tajoura, banlieue de Tripoli, datant du 16ème siècle et qui constituait l'un des plus anciens de la capitale. En 2014, l'Unesco a condamné les actes de vandalisme qui ont visé plusieurs mosquées de Tripoli, dont la mosquée Karamanli datant du XVIIIe siècle.

Dans la ville de Tombouctou dans le nord du Mali, «la cité des 333 saints» inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, est restée d'avril 2012 à janvier 2013 sous le contrôle de groupes armés qui l'ont défigurée. En juin 2012, les éléments de différents groupes liés à Al-Qaïda ont entamé la démolition de plusieurs mausolées, dont celui de la principale mosquée de la ville. D'autres mausolées, témoignage de l'âge d'or de la ville au XVIe siècle ont été détruits.

Début 2013, l'Institut de recherches islamiques Ahmed Baba a été saccagé, mais la majeure partie des célèbres manuscrits et livres précieux avaient été mis à l'abri. En mars 2014, des travaux de reconstruction ont commencé. Par ailleurs, en Afghanistan, en mars 2001, les talibans ont détruit deux bouddhas géants de Bamiyan (centre-est), trésors archéologiques vieux de plus de 1.500 ans, à coups de roquettes et de dynamite.

Dans l'ex-Yougoslaie, fin 1991, lors du conflit serbo-croate, la ville médiévale de Dubrovnik en Croatie, a été ravagée, ses édifices sciemment étruits. En Bosnie, les artilleurs serbes ont incendié la bibliothèque nationale de Sarajevo, construite au 19e siècle dans un style pseudo-mauresque.

Elle a été rouverte en 2014, 22 ans après sa destruction. En novembre 1993, le vieux pont de Mostar, considéré comme un chef d'oeuvre de l'architecture ottomane, a été détruit par les forces croates de Bosnie avant d'être reconstruit. L'Organisation des Nation unies pour l'éducation, les sciences et la culture (Unesco) a lancé jeudi à Paris une campagne sous le slogan «Unis avec le patrimoine» visant la mobilisation de l'opinion publique en Libye pour la sauvegarde du patrimoine dans ce pays.

La campagne a été lancée, à l'occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement célébrée le 21 mai de chaque année, et ce dans le cadre «des efforts visant la promotion du patrimoine culturel en tant que moyen essentiel pour le dialogue et la paix» et «sa sauvegarde dans les régions où il est  menacé par les extrémistes.