Le Pakistan appelle ses voisins d'Asie centrale à élargir la coopération énergétique

Publié par dknews le 23-05-2015, 18h20 | 16

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a appelé vendredi les pays voisins d'Asie centrale à élargir leur coopération énergétique avec le Pakistan, régulièrement confronté à des coupures de courant.

M. Sharif, qui a achevé une visite dans la région, a notamment évoqué avec son homologue kirghiz, Temir Sariev, à Bichkek un projet qui pourrait permettre au Pakistan d'importer jusqu'à 1.000 mégawatts d'électricité depuis le Kirghistan et le Tadjikistan à travers un réseau de 1.200 kilomètres.

Ce projet, qui pourrait également fournir 300 mégawatts à l'Afghanistan, «allégera le déficit en électricité et énergie» du Pakistan, où résident près de 185 millions d'habitants, a affirmé M. Sharif. Temir Sariev a, de son côté, promis la «participation active» de son pays au projet, intitulé CASA 1000, et de renforcer les liens entre les deux Etats dans les secteurs de l'énergie, de la sécurité et du tourisme.

Bien que la Banque mondiale ait d'ores et déjà accepté de financer la moitié du coût de CASA 1000, le projet relève du défi puisque le Kirghistan et le Tadjikistan ne peuvent produire un surplus d'énergie que l'été, lorsque les eaux des rivières de montagne de ces deux pays sont à leur plus haut niveau.

Le projet ne résoudrait par conséquent qu'en partie le déficit en énergie du Pakistan. Nawaz Sharif s'est également rendu au Turkménistan mercredi, où il s'est entretenu avec le président Gourbangouly Berdymoukhamedov de l'ambitieux projet de gazoduc trans-afghan TAPI, évalué à près de 9 milliards d'euros, qui doit acheminer du gaz turkmène aux marchés indien et pakistanais via l'Afghanistan. Ce gazoduc de 1.800 kilomètres sera capable de livrer près de 33 milliards de mètres cube, dont 0,5 milliard de mètres cube prévus pour Kaboul.

Après les pourparlers avec le président turkmène, M. Sharif a déclaré espérer «intensifier le travail sur le projet TAPI», dont la réalisation demeure incertaine face à une situation sécuritaire instable en Afghanistan et au manque d'investisseurs.