Débat à Batna : Le rôle de l'intellectuel dans le façonnage de la société

Publié par DK News le 27-05-2015, 17h42 | 45

Le rôle de l'intellectuel dans le "façonnage" de la société, par la présentation de solutions ou d'alternatives permettant son développement, a été au centre d’un riche débat lors du 1er séminaire consacré au romancier El Hachemi Saïdani, ouvert mardi après-midi à Batna.

Organisée au théâtre régional de Batna sous le titre "l'intellectuel et la société : état des lieux et défis", sur une initiative de la direction de wilaya de la culture, en partenariat avec l’association culturelle El-Djahidia, en présence d'une pléiade d'universitaires nationaux, cette rencontre a permis aux présents de se concerter et d'échanger leurs vues sur les concepts inhérents à «l'intellectuel», et à sa responsabilité sociale.

Pour le président d'El-Djahidia, Mohamed Tine, l'intellectuel se doit de s'intéresser aux grands problèmes de la société dans laquelle il vit «en affrontant et en dépassant les contradictions», et de faire de la condition humaine «une raison d'être» et du militantisme «un moyen d'être».

M. Mohamed Tine a également estimé que l'intellectuel est «un homme engagé, impliqué politiquement dans tous les débats relatifs à son temps, et que son rôle n'est pas confiné dans le seul registre de "contestateur par nature qui dénonce les pratiques inacceptables des pouvoirs et réclame la dignité humaine".

Sa mission, a-t-il considéré, est "d'£uvrer, par sa pensée et ses recherches, à présenter des solutions et des alternatives aux problèmes de sa société." Abondant dans le même sens, Hayet Heroual, de l'université de Jijel, a indiqué que "l'intellectuel éclairé est celui qui travaille pour assurer la prospérité de son pays dans tous les secteurs et veille à sa stabilité".

Le rôle de l'intellectuel dans nos sociétés reste aujourd’hui «éminemment important", a-t-elle insisté tout en reconnaissant que le terme «intellectuel» exige une reformulation constante car «il se définit et se redéfinit toujours par rapport à la dynamique de l'environnement socioculturel ambiant».

Les séminaristes qui ont évoqué le parcours du regretté El-Hachemi Saidani, ont souligné que l'intellectuel est «le véritable artisan de la prise de conscience sociale» et qu’il lui suffisait «d'avoir le courage de jouer à fond son rôle d'éclaireur dans la société en la rendant capable de se gérer et de s'autocritiquer». Devant se poursuivre jusqu’à mercredi, cette rencontre abordera également le rôle de l'intellectuel dans la formation de l'identité. 

Les participants poseront notamment la question de savoir s’il a un rôle édifiant ou, au contraire, son action constitue-t-elle une «controverse dans l'évolution harmonieuse de l'identité nationale, au développement culturel et à la prise de conscience sociale».

Des témoignages d'amitié, de fraternité et de reconnaissance ont été exprimés par toutes celles et ceux qui sont venus rendre hommage à El-Hachemi Saidani, une figure littéraire native de Djerma (20 km au nord de Batna), co-fondateur d'El-Djahidia, membre de l'Union des écrivains algériens (UEA), correspondant de plusieurs journaux, dont Alger Républicain, auteur de plusieurs romans dont El Hariba (la fugueuse), Ennadhara el maksoura (la lunette brisée).