Des juristes qui ont pris part mercredi à Tizi-Ouzou à un Colloque international sur la maltraitance des enfants ont insisté sur l'importance d'une loi algérienne spécifique protégeant l’enfant contre toute forme de violence.
Durant cette rencontre intitulée «Contre la violence faite aux enfants», organisée par la faculté de droit et des sciences politiques, les participants ont souligné l’absence d’une loi spécifique pour la protection de l’enfant contre toute forme de violence (physique, morale et sexuelles) et dans différents milieux et situations (scolaire, familial, internet).
«Le législateur algérien a en charge le volet de lutte contre les violences faites aux enfants, mais les textes traitant de ce sujet ne figurent pas sur un code spécifique à la protection de l’enfant. On les retrouve entre autre dans le code de procédure pénale», ont souligné, Iglouli Safia, Ailam Rachida et Ait Mouloud Dahbia.
Rachida Ailam qui a donné une communication intitulée «l’enfant et la violence en milieu scolaire» a rappelé que le législateur algérien interdit le châtiment corporel, la violence morale, l’agression sexuelle et la maltraitance des élèves en milieu scolaire, qualifiant ces comportements de non éducatifs et de dégradants pour l’enfant et ayant des séquelles négatives sur le développement de sa personnalité.
Elle a à ce propos appelé les conseils de discipline à jouer leur rôle dans la lutte contre la violence en milieu scolaire tout en déplorant l’absence de ces institutions au niveau du cycle primaire puisqu’elles sont limitées au secondaire et au moyen. La communication de ait Mouloud Dahbia qui a porté sur la violence faite à l’enfant au sein de sa famille, a été l’occasion pour les participants de s’interroger sur la possibilité de concilier entre la charia (loi islamique) qui autorise la correction de l’enfant comme comportement éducatif et la nécessité de protéger l’enfant contre la violence morale et/ou physique au sein de sa famille.
A ce titre ces communicantes ont insisté sur le rôle des professionnels (juristes, institutions étatiques, enseignants, associations de parents d’élèvesà) dans la lutte contre ce phénomène de violence faites aux enfants. Pour sa part la présidente du colloque Ounissa Daoudi, a relevé que les enfants se trouvent victimes de violences pour des raisons similaires à celles des adultes.Cependant, les enfants ont moins de contrôle sur leur propre vie et les systèmes nationaux de justice et de protection de l’enfance sont souvent inadaptés.
«Plusieurs instruments internationaux ont été adoptés pour la protection de l’enfant, mais leurs applications restent non efficaces vu les violences que subissent les enfants», a-t-elle observé. Aussi, l’objectif de ce colloque qui se pour suivra jeudi, est de se pencher sur les moyens de contrer les violences faites aux enfants et d’ouvrir un large débat pour endiguer ces violences, a-t-elle ajouté.
«La rencontre est une occasion d’analyser d’une part le traitement international de ce phénomène et son traitement juridique et judiciaire actuel en droit algérien, afin de dégager les lacunes et les insuffisances qu’il présente», a-t-elle encore ajouté.