Les prix du pétrole s'établissaient mercredi matin en baisse à l'ouverture des échanges européens, les investisseurs engrangeant quelques bénéfices après la hausse de la veille du fait notamment d'un accès de faiblesse du dollar, dans un marché plombé par la surabondance continue de l'offre. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 63,91 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,60 dollar par rapport à la clôture de mardi.
Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait 1,38 dollar à 59,88 dollars. Un dollar considérablement affaibli face à l'euro, booste les prix pendant quelques temps, ce qui a permis aux cours du brut de se redresser mardi, notaient les experts. Le WTI a même atteint mardi en clôture un sommet depuis début décembre 2014, à 61,26 dollars le baril.
La baisse du dollar rend plus attractifs car moins onéreux les achats de pétrole, libellés en dollar, pour les investisseurs munis d'autres devises. Mais "les prix ont effacé leurs gains après l'annonce par l'association professionnelle API d'une hausse inattendue de 1,8 million de barils des réserves de brut et de 1,6 million de barils des stocks d'essence la semaine dernière", relevait-on. Ces données étaient vues comme de mauvais augure avant la publication des chiffres officiels du département américain de l'énergie (DoE) sur les réserves de pétrole aux Etats-Unis pour la semaine écoulée.
Selon la prévision médiane des analystes interrogés par l'agence Bloomberg, le DoE devrait faire état d'une baisse de 2,5 millions de barils des réserves américaines de brut mais d'une hausse de 500.000 barils des stocks d'essence et d'une progression de 1,3 million des réserves de produits distillés. Par ailleurs, l'offre en provenance des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) devrait se maintenir. Les douze pays membres de l'Opep, qui produisent environ 30% du pétrole mondial, devraient, selon la plupart des analystes, laisser inchangé leur plafond de production fixé officiellement à 30 millions de barils par jour (mbj).
Ce maintien du plafond de production devrait intervenir malgré les appels de plusieurs pays de l'Opep en faveur d'une baisse de la production pour favoriser une réduction de l'offre et une hausse des cours du pétrole qui restent, malgré leur remontée de ces derniers mois, à un niveau inférieur de près de moitié à leur niveau de juin 2014.